2008-08-20

Des camions de l'armée russe sortent de Géorgie

mercredi 20 août 2008, mis à jour à 11:44

http://www.lexpress.fr/actualite/depeches/infojour/reuters.asp?id=77303
Reuters
Une quarantaine de camions militaires russes sont rentrés en Russie, sous la pression accentuée des Occidentaux qui réclament de Moscou le respect de ses engagements sur un retrait de Géorgie.

Un journaliste de Reuters a vu un premier convoi d'une dizaine de camions bâchés franchir le tunnel de Roki, principal point de passage entre la Russie et l'Ossétie du Sud, province séparatiste de Géorgie ou les forces russes sont intervenues après une offensive de l'armée géorgienne.

A la mi-journée, on en était à une quarantaine. "Certains étaient visiblement chargés. La plupart en revanche semblait vide, à en juger de leur suspension. Et il n'y a eu aucun signe de véhicules blindés ou de pièces d'artillerie", a dit ce journaliste.

Près du village d'Igoeti, ou se trouve le poste russe le plus proche de la capitale géorgienne, Tbilissi, distante de 45 km, des soldats russes ont consolidé leurs positions en creusant des tranchées et aucun mouvement de convoi n'était visible.

Aux termes du plan de sortie de crise en six points négocié sous médiation française, la Russie s'est engagée à retirer ses troupes sur leurs positions antérieures au conflit avec la Géorgie.

Lors d'une discussion téléphonique avec son homologue français Nicolas Sarkozy, Dmitri Medvedev a déclaré mardi que "d'ici au 22 août, une partie des soldats de maintien de la paix aura été retirée vers la zone de sécurité temporaire".

"Le contingent restant, qui a servi de renforts aux soldats de maintien de la paix, sera retiré vers le territoire d'Ossétie du Sud et de Russie", a ajouté le Kremlin.

Mais les reports et retards ont insinué le doute sur la réalité de l'engagement du président russe et l'impatience des Occidentaux tourne au scepticisme.

"A trois reprises, Medvedev a dit qu'ils entamaient le retrait, et ils ne l'ont pas fait. Nous ne pouvons accepter ce genre de cécité, ce refus du droit international", déclare le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, cité dans l'International Herald Tribune.
PROJET DE RÉSOLUTION EN ÉCHEC À L'ONU

Au siège des Nations unies, les puissances occidentales ont présenté dans la soirée au Conseil de sécurité un projet de résolution réclamant le retrait immédiat des forces russes de Géorgie, mais Moscou, qui détient un droit de veto, a dit ne pas pouvoir soutenir ce texte.

Le projet de résolution exigeait le retrait immédiat des troupes russes sur leurs positions antérieures au début du conflit, le retour des troupes géorgiennes dans leurs cantonnements et le respect immédiat et total de l'accord signé la semaine dernière.

Il faisait aussi référence au respect de "l'intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues", un concept jugé dépassé par la Russie parce que les deux enclaves sécessionnistes soutenues par Moscou (Ossétie du Sud au nord et Abkhazie à l'ouest) refusent de réintégrer le giron géorgien.

Medvedev avait annoncé dimanche dernier que le retrait débuterait dès lundi. Mais, mardi, Washington indiquait ne voir aucun signe tangible d'un tel repli des troupes et accusait la Russie de s'en prendre à ces civils et de chercher à étrangler la Géorgie.

La Russie "devient de plus en plus le hors-la-loi dans ce conflit", a déclaré la secrétaire américaine d'Etat, Condoleezza Rice. "Ils avaient l'intention et ont probablement toujours l'intention d'étrangler la Géorgie et son économie", a-t-elle ajouté après avoir participé à Bruxelles à une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de l'Otan.

L'Alliance atlantique a décidé mardi de geler ses contacts réguliers avec la Russie tant que Moscou n'aurait pas évacué ses troupes de Géorgie.

Pour le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, la déclaration de l'Otan est partiale et l'Alliance, a-t-il accusé, veut sauver le "régime criminel" au pouvoir à Tbilissi.

Dmitri Soloviov, Gareth Jones et Ralph Boulton, version française Henri-Pierre André

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