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Des jeunes Russes pro-Kremlin protestent contre l'entrée de l'Ukraine et de la Géorgie dans le l'Otan, le 3 avril 2008 à Moscou
http://www.20minutes.fr/article/247968/Monde-Comment-les-Russes-voient-la-crise-
georgienne.php
Alexander Nemenov AFP ¦ Des jeunes Russes pro-Kremlin protestent contre l'entrée de l'Ukraine et de la Géorgie dans le l'Otan, le 3 avril 2008 à Moscou
Trois semaines après le déclenchement de la guerre en Géorgie, la population russe continue de soutenir, presque unanimement, la politique de fermeté de son gouvernement. Au cœur des critiques, les Etats-Unis et le président géorgien.
La bête noire Saakachvili
Pour les Russes, la volonté d’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Otan, l’organisation militaire emblématique de la guerre froide, est intolérable. Ils la voient même comme une menace américaine à leurs frontières.
Autre bête noire de la population, comme du Kremlin, le président géorgien Mikhail Saakachvili. Marc Elie, chercheur au centre franco-russe de Moscou, explique qu’il est vu comme une «marionnette de l’Occident, un fou nationaliste et incontrôlable». Son «agression» en Ossétie du Sud est unanimement dénoncée.
Deux poids, deux mesures
Autre grief de la population russe, le traitement «deux poids, deux mesures» réservé à Moscou. Le souvenir de l’intervention de l’Otan en 1999 au Kosovo est dans toutes les mémoires. Pourquoi la Russie ne pourrait-elle pas en faire de même en Ossétie du Sud? Pourquoi l’Otan et les puissances occidentales continuent-elles à défendre la Géorgie, alors que les Ossètes demandent eux-mêmes leur indépendance?
Le constat semble clair. Pourtant, comme l’explique Marc Elie, «il y a deux types d’attitudes en Russie». D’une part, le nationalisme grandiloquent et revanchard de la fraction nationaliste la plus dure. D’autre part, la satisfaction politique d’une population plus modérée, qui souhaite avant tout empêcher l’expansion de l’Otan.
La guerre froide ne prend pas
La nuance est de taille. Certes, les médias télévisés, fortement contrôlés par le pouvoir, ont un gros impact dans l’opinion publique. Mais les Russes ne sont pas dupes. Selon un récent sondage du centre indépendant Levada, près de la moitié de la population estime que la couverture des récents évènements par les médias officiels était «partiale et fragmentée».
D’ailleurs, la rhétorique menaçante de Medvedev et Poutine sur une «nouvelle guerre froide», ne semble pas réellement prendre dans la population. Seuls 35% des Russes adhèrent à ce scénario, selon un sondage du 27 août.
Relations avec les Etats-Unis compromises
Les autres penchent plutôt sur un retour à la normale des relations avec l’ouest. Quant à la thèse officielle d’une Russie «humiliée», Marc Elie en doute: «Je ne pense pas que les Russes se soient sentis humiliés. C’est plutôt une construction du pouvoir».
Si la population n’adhère pas aux thèses les plus virulentes, l’anti-américanisme risque fort d’augmenter dans les prochains mois. En revanche, les Russes sont plus enclins à adopter une attitude conciliante vis-à-vis de l’Union européenne. S’ils doivent passer des accords, ce sera avec elle.
A la fois parce qu’ils y ont des intérêts économiques, mais aussi parce qu’ils ne se sentent pas menacés. «La Russie sait que l’UE n’a pas les moyens de faire pression sur elle», conclut Marc Elie.
Alexander Nemenov AFP ¦ Des jeunes Russes pro-Kremlin protestent contre l'entrée de l'Ukraine et de la Géorgie dans le l'Otan, le 3 avril 2008 à Moscou
Sylvain Mouillard

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