2008-09-17

01-Sep-2008 Bruxelles va évaluer l'état de ses relations avec Moscou

http://www.lexpress.fr/actualite/depeches/infojour/reuters.asp?id=78116

L'Union européenne effectuera une évaluation de ses relations avec la Russie après son intervention en Géorgie, peut-on lire dans un projet de déclaration du Conseil européen extraordinaire de Bruxelles.

Le projet, rédigé par la présidence française de l'UE, souligne que ces relations sont "à la croisée des chemins" et condamne à la fois l'intervention et la reconnaissance de l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud par Moscou.

"L'Union restera vigilante ; le Conseil européen demande au conseil, avec la commission, d'examiner attentivement et en profondeur la situation et les différentes dimensions de la relation UE-Russie (...) dans la perspective du prochain sommet prévu le 14 novembre à Nice", indique le texte, qui ajoute que cet examen "pourra conduire (...) à des décisions sur la poursuite des discussions concernant l'avenir de la relation entre l'Union et la Russie dans différents domaines".

L'UE et la Russie ont engagé des négociations sur un nouvel accord de partenariat stratégique et sur la suppression des visas pour les ressortissants russes voyageant dans l'Union.

Le texte ajoute néanmoins qu'"il n'y a pas d'alternative souhaitable à une relation forte, fondée sur la coopération, la confiance et le dialogue (...) Nous appelons la Russie à faire avec nous ce choix de l'intérêt mutuel, de l'entente et de la coopération. Nous sommes convaincus qu'il est de son intérêt même de ne pas s'isoler de l'Europe".

A l'inverse, le Conseil se dit prêt à "examiner le renforcement de sa relation avec la Géorgie, y compris à travers la facilitation des visas et la mise en place éventuelle d'une zone de libre-échange complète et approfondie".
RETRAIT "SANS DELAI" DES TROUPES RUSSES

Revenant sur les opérations militaires de début août, le document, qui n'évoque pas des sanctions, estime que la Russie a réagi de manière "disproportionnée" après l'entrée de troupes géorgiennes en Ossétie du Sud et qu'"une action militaire de ce type n'est pas une solution et n'est pas acceptable".

Les Vingt-sept appellent ainsi au retrait "sans délai" des forces militaires qui ne sont pas encore retirées "sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités" et demandent aux autres Etats de ne pas reconnaître les proclamations d'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud.

L'UE considère enfin que l'urgence est désormais de mettre au point le mécanisme international de supervision.

"L'Union européenne est prête à s'engager, y compris par une présence sur le terrain, pour soutenir tous les efforts en vue d'une solution pacifique et durable des conflits en Géorgie", peut-on lire dans le texte, qui prévoit également la nomination d'un représentant spécial de l'UE sur ce dossier.

La Russie a fait savoir lundi qu'elle souhaitait que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et l'UE dépêchent une force de police internationale dans la "zone tampon" entre la Géorgie et ses provinces séparatistes.

"Il serait raisonnable d'assurer la présence d'une police internationale dans la zone de sécurité", a déclaré Andreï Nesterenko, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, lors d'un point de presse à Moscou.

"Une telle présence devrait reposer sur les bases du mandat de l'OSCE, avec des ressources fournies par l'UE, étant donné l'intérêt montré par les membres de l'UE" pour ce dossier, a-t-il dit. "Nous serons prêts à étudier la participation de représentants russes à cette force de police internationale", a-t-il ajouté.

Yves Clarisse et Julien Toyer, édité par Guy Kerivel

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