2008-08-19

Washington et Moscou haussent le ton




Par LEXPRESS.fr, mis à jour le 18/08/2008 à 19:21 - publié le 18/08/2008


Les Etats-Unis mettent la pression: les troupes russes doivent entamer leur retrait de Géorgie "sans délai", assure Washington. De son côté, Moscou dénonce "le crime" commis en Ossétie du Sud par les "monstres politiques" au pouvoir à Tbilissi et affirme qu'il ne "doit pas rester impuni".

Les forces russes doivent se retirer "sans délai" de Géorgie, a averti la Maison Blanche lundi, prévenant qu'elle examinerait les accusations de nettoyage ethnique proférées par les deux belligérants. "Les Russes ont dit que leur retrait débuterait à midi aujourd'hui. Nous continuerons à surveiller étroitement les actions russes en Géorgie pour avoir confirmation de leur retrait", a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.

Tbilissi accuse Moscou de maintenir ses troupes
"C'est quelque chose qui doit être réalisé sans délai", a-t-il ajouté, alors que le président américain se trouve en vacances dans son ranch de Crawford au Texas (sud). "Nous avons de nombreuses informations provenant du terrain (...) c'est difficile pour moi de dire, en me tenant là où je suis actuellement, où en est le retrait (des troupes). Mais quoi qu'il en soit, les Russes se sont engagés à se retirer", a-t-il ajouté.

L'état-major russe a assuré que le retrait de ses forces de Géorgie, conformément à l'accord d'arrêt des hostilités, avait débuté. Tbilissi accuse Moscou de maintenir ses troupes en territoire géorgien. Des correspondants de l'AFP ont constaté que les troupes russes ne quittaient pas leurs positions dans plusieurs endroits dans l'ouest de la Géorgie ainsi qu'à Gori, près du territoire séparatiste d'Ossétie du Nord.

Washington va examiner les accusations de "nettoyage ethnique"
Interrogé sur les accusations réciproques de nettoyage ethnique provenant de la Géorgie et de la Russie, le porte-parole de la Maison Blanche a déclaré: "Nous avons des informations venant des deux côtés malheureusement". "Ce sont des accusations graves et nous allons sérieusement les examiner", a-t-il ajouté. "Il est clair que sur le terrain, le conflit a été horrible", a-t-il dit.

La Géorgie a porté plainte le 12 août devant la Cour internationale de justice (CIJ) contre la Russie pour "nettoyage ethnique" en "violations de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale", selon la CIJ.

Moscou a rétorqué en annonçant que la justice russe allait collecter auprès des habitants des deux territoires séparatistes de Géorgie, l'Ossétie du sud et l'Abkhazie, les plaintes pour crimes de guerre présumés contre les responsables géorgiens pour les envoyer à la Cour pénale internationale de La Haye (CPI), a annoncé le Procureur général Iouri Tchaïka, selon l'agence Interfax.

Medvedev: le "crime" de la Géorgie "ne doit pas rester impuni"
Le président russe Dmitri Medvedev a par ailleurs déclaré lundi à Vladikavkaz que le "crime" commis en Ossétie du Sud par les "monstres politiques" au pouvoir en Géorgie ne devait "pas rester impuni", ont rapporté les agences russes. "Ce qu'ont fait les autorités géorgiennes échappe à l'entendement humain. Leurs actes ne peuvent être expliqués et encore moins rester impunis", a dit M. Medvedev, intervenant devant les unités russes ayant participé à l'opération militaire russe en Géorgie.

Les événements ont montré "qu'il y a de nos jours des monstres politiques, prêts à tuer (...), à compenser leur propre médiocrité par l'extermination de tout un peuple", a ajouté le président. "L'analogie historique est manifeste. Nous ferons tout pour que ce crime ne reste pas impuni", a-t-il ajouté, sans préciser le sens de sa comparaison.

"Nous suivons une ligne dure en ce qui concerne la sécurité de toute la région, le maintien de la paix et de la stabilité en Ossétie du Sud", a ajouté M. Medvedev cité par Interfax. "Nous ferons tout le nécessaire et personne ne doit avoir d'illusions" à ce sujet. "Nos forces armées ont surmonté la crise des années 1990 et sont aptes au combat", a-t-il ajouté.

Quant à la Flotte russe de la mer Noire, pour laquelle Moscou est contrainte depuis la fin de l'URSS en 1991 de louer à l'Ukraine la base de Sebastopol, "que personne ne nous dicte notre comportement", a dit M. Medvedev. L'Ukraine, qui veut comme la Géorgie intégrer l'Otan, a soutenu la Géorgie contre la Russie et exigé un droit de regard sur les mouvements de la Flotte russe, mobilisée par Moscou dans le conflit.

Le président Medvedev s'était rendu plus tôt dans la journée à Koursk (ouest de la Russie), où il s'était exprimé devant des anciens combattants à l'occasion de l'anniversaire d'une importante bataille contre l'Allemagne nazie. Il a notamment menacé de "riposte foudroyante" tous ceux qui croient pouvoir "tuer impunément" des citoyens russes. "Si quelqu'un pense qu'il peut tuer impunément nos citoyens, tuer des soldats et des officiers qui servent dans les forces de maintien de la paix, nous ne le permettrons jamais", et "tous ceux qui tenteront de le faire recevront une riposte foudroyante", a-t-il ajouté, selon Interfax. "Nous avons pour cela toutes les capacités: économiques, politiques, et militaires", a-t-il souligné.

"Nous ne voulons pas aggraver la situation internationale, mais nous souhaitons que l'on nous respecte, notre Etat, notre nation, nos valeurs", a encore affirmé le chef de l'Etat russe.

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