
http://www.lepoint.fr/actualites-monde/le-conflit-en-georgie-heure-par-heure-revivez-les-evenements-du/924/0/266582
14/08/2008 à 07:34 Le Point.fr
Le conflit en Géorgie heure par heure : revivez les événements du mercredi 13 août
Par Chloé Durand-Parenti (avec agence)

Le conflit entre la Géorgie et la Russie aurait fait des dizaines de milliers de déplacés © AFP / DIMITAR DILKOFF
Un conflit militaire multimodal entre la Russie et la Géorgie doublé d'une redoutable bataille médiatique. Les belligérants ont accepté mardi le plan de paix négocié par le président français Nicolas Sarkozy, qui prévoit le retrait de l'essentiel des forces russes et géorgiennes . Lepoint.fr vous propose de prendre connaissance des principales informations de mercredi 13 août, sixième jour du conflit.
Ports et aéroports . Le président géorgien Mikheïl Saakachvili annonce qu'il compte sur les Américains pour prendre le contrôle des ports et des aéroports de son pays. Washington fait rapidement savoir qu'il n'en a aucune intention.
Deux drones géorgiens abattus. Les forces russes ont abattu mercredi un second drone géorgien au-dessus de Tskhinvali, la capitale de la république séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud. "Malgré les assurances données par la partie géorgienne sur la cessation de toute action militaire, un avion sans pilote a été repéré mercredi au-dessus de Tskhinvali, qui effectuait une mission de reconnaissance", a affirmé un représentant du ministère russe de la Défense, cité par l'agence Ria-Novosti. "Les forces de paix russes ont localisé le drone et l'ont abattu" vers 17h30 locales (13h30 GMT), a-t-il ajouté. Les forces russes avaient auparavant annoncé avoir abattu dans la nuit de mardi à mercredi au-dessus de Tskhinvali un premier drone qui "tentait une mission de reconnaissance des emplacements des unités de maintien de la paix (russes) et des forces envoyées en renfort".
Contact ministériel Tbilissi-Moscou sur l'application du plan de paix. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est entretenu au téléphone mercredi avec son homologue géorgien Eka Tkechelachvili, de "l'application pratique" du plan de paix négocié par Nicolas Sarkozy, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères. L'entretien a porté sur "la réalisation pratique des propositions sur les principes de base du règlement de conflits, élaborées lors de la rencontre du président russe Dmitri Medvedev avec le président français", indique le communiqué du ministère. Les deux chefs de la diplomatie ont évoqué aussi "la résolution des problèmes humanitaires apparus à la suite des actes agressifs de la Géorgie contre l'Ossétie du Sud", ajoute le document.
Sarkozy reçoit Rice jeudi au fort de Brégançon. "Le président de la République s'est entretenu cet après-midi avec le président américain George W. Bush au sujet de la situation en Géorgie, à l'initiative de ce dernier", a indiqué la présidence, dans un communiqué. "Il a été convenu à cette occasion que le président de la République recevra demain, jeudi 14 août 2008 en fin de matinée au fort de Brégançon, la secrétaire d'État américaine, Mme Condoleezza Rice", poursuit le texte. Peu avant, le président Bush avait annoncé qu'il envoyait sa chef de la diplomatie rencontrer le président Sarkozy, puis à Tbilissi pour manifester la "solidarité" des États-Unis avec la Géorgie.
Les chars russes ne vont pas vers Tbilissi. "Un convoi de chars russes a quitté Gori, mais il ne va pas à Tbilissi", a déclaré mercredi une vice-ministre géorgienne de l'Intérieur, Eka Zguladzé, à la télévision. La colonne de quelque 60 chars, blindés et camions, conduite par des soldats russes, a été vue par plusieurs journalistes près de Gori, sur la route menant à Tbilissi. Les autorités russes ont d'abord démenti sa présence, avant d'expliquer que des soldats russes avaient "'évacué" du matériel d'un entrepôt militaire géorgien à Gori. "Les Russes gagnent du terrain en direction de la capitale. Ils forment un cercle", avait pourtant déclaré un peu plus tôt le président géorgien Mikheïl Saakachvili sur la chaîne américaine CNN. "Nous allons protéger notre capitale jusqu'à la dernière goutte de notre sang", avait-il poursuivi. "Nous ne nous rendrons jamais aux Russes."
La principale route vers l'Ossétie du Sud bloquée par les forces russes. Les chars russes ont bloqué la principale route reliant la région séparatiste de l'Ossétie du Sud au reste de la Géorgie, a annoncé le ministère géorgien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Pillages et désolation sur la route de Gori. Un journaliste de l'AFP a rapporté avoir vu mercredi des dizaines d'habitations en flammes et des scènes de désolation sur la route menant d'Ossétie du Sud à Gori, dans des villages pillés par des combattants ossètes et aussi par quelques militaires russes.
Le retrait des forces géorgiennes a commencé mais pas de façon massive. Les militaires géorgiens "ont entamé leur retrait vers Tbilissi, mais on n'a pas noté de retrait actif de ces troupes. Il y a une inquiétude concernant la concentration des troupes (géorgiennes) près de la zone de sécurité, entre la région séparatiste de l'Ossétie du Sud et le reste du territoire géorgien", a fait remarquer mercredi le chef adjoint de l'état-major des forces armées russes, le général Anatoli Nogovitsyne, qui s'exprimait devant la presse.
L'Ukraine impose des restrictions sur les mouvements de la flotte russe basée sur son territoire. La présidence ukrainienne a imposé mercredi par décret des restrictions sur les mouvements de la flotte russe de la mer Noire basée en Ukraine et qui est engagée dans le conflit armé entre la Russie et la Géorgie.
Les renforts militaires russes en Géorgie posent des conditions à leur départ. "Après le retrait des troupes géorgiennes dans leurs casernes, (les forces russes) retourneront sur le territoire de la Fédération russe. Nos forces de maintien de la paix resteront en Ossétie du Sud", a fait savoir le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. La Russie dispose en effet depuis le début des années 1990 de forces de maintien de la paix en Ossétie du Sud, un territoire séparatiste pro-russe en Géorgie et coeur du conflit actuel entre Moscou et Tbilissi.
Des dizaines de milliers de déplacés. Selon le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) à Genève, qui a compilé les chiffres fournis par les gouvernements géorgien et russe, au moins 100.000 personnes ont été déplacées à cause du conflit. Les autorités géorgiennes et les agences humanitaires de l'Onu ont de leur côté formellement enregistré environ 3.500 personnes. Huit camps ou centres d'accueil ont été mis sur pied pour les réfugiés selon le point de situation établi par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (OCHA), mais l'organisation internationale se prépare à venir en aide à au moins 30.000 personnes. Le Haut Commissariat de l'Onu pour les réfugiés doit rapidement recevoir suffisamment de couvertures, de bidons, de matériel de cuisine et de tentes. L'aide internationale afflue pour secourir les populations qui ont fui les combats .
À l'étranger, le conflit russo-géorgien continue de susciter de nombreuses réactions. Une grande majorité de pays de l'UE se sont dits favorables mercredi à l'idée de participer aux missions de maintien de la paix en Géorgie, à l'occasion d'une réunion de leurs chefs de la diplomatie à Bruxelles. Le ministre français Bernard Kouchner a évoqué la possibilité d'envoyer des "contrôleurs" européens sur place, en arrivant à cette réunion extraordinaire consacrée à la situation en Géorgie. L'Union européenne devra décider "s'il faut ou non, et comment aller de l'avant dans le partenariat" avec la Russie face à l'attitude "agressive" de Moscou en Géorgie, a déclaré de son côté le chef de la diplomatie britannique David Miliband.
74 morts, 171 blessés et 19 disparus dans les rangs de l'armée russe. Ce bilan des victimes russes depuis le début du conflit avec la Géorgie a été livré lors du briefing quotidien du chef d'état-major adjoint. Dans le même temps, une journée de deuil national est observée mercredi en Russie.
Pour Chevardnadze, Saakachvili a eu tort d'intervenir. L'ancien président géorgien Edouard Chevardnadze (1995-2003) a estimé que l'opération militaire de son pays en Ossétie du Sud avait été une "grave erreur", dans une interview au quotidien allemand Bild . "La Géorgie n'aurait pas dû intervenir à Tskhinvali (la capitale de la région séparatiste d'Ossétie du Sud) de façon si mal préparée", estime celui qui fut aussi ministre des Affaires étrangères de l'Union soviétique entre 1985 et 1990.
Moscou veut rediscuter du statut des territoires séparatistes. "Le statut n'est pas cité" explicitement dans la version finale du texte proposé par la France, mais la discussion de la question de sécurité de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie "est impossible hors du contexte de leur statut", a précisé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. La modification du document, proposée à la demande de Tbilissi par le président Nicolas Sarkozy par téléphone au président russe Dmitri Medvedev, "a été acceptée, car elle ne change rien sur le fond", a précisé le ministre. Nicolas Sarkozy a expliqué dans la nuit à Tbilissi que le point six de l'accord, qui prévoyait "l'ouverture de négociations internationales sur le statut futur", évoquait désormais des discussions internationales sur "les modalités de sécurité et de stabilité".
Les dirigeants de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud rejettent toutes les négociations avec la Géorgie. Avec les organisateurs d'un génocide, on ne discute pas (...) seuls les juges d'un tribunal international peuvent parler avec eux", a lancé Edouard Kokoïty, le dirigeant de l'Ossétie du Sud, coeur du conflit actuel entre Russes et Géorgiens. "Il n'y aura plus aucune négociation avec la Géorgie", a renchéri le président abkhaze Sergueï Bagapch, "on ne mène pas de négociations avec les criminels d'État, on les juge."
No comments:
Post a Comment