Le "message fort à la Russie" promis par l'Otan lors de sa réunion extraordinaire de ce mardi après-midi suffira-t-il à faire bouger les choses sur le terrain, sachant que la Géorgie continue à démentir tout retrait russe ?
- Que la réunion soit un message de fermeté adressé à Moscou, c'est une évidence. Cependant, il ne faut pas perdre de vue la guerre de communication à laquelle Tbilissi et Moscou se livrent depuis plusieurs jours : plus les Russes tardent à retirer leurs troupes, plus leur impopularité grandit auprès de l’opinion internationale. Parallèlement, plus ils maintiennent la pression militaire sur la Géorgie, plus ils font ressortir d'éventuelles dissensions au sein de l'Otan, et entre Américains et Européens. Ils montrent ainsi que la solution de la crise dépend uniquement de leur bon vouloir.
Sur le plan militaire, ce qui est en cause, c'est autant le comportement des troupes russes en elles-mêmes que celui des troupes auxiliaires ossètes et abkhazes. Ces dernières, volontairement moins contrôlées, présentent des risques de débordements.
Quid des "pacificateurs russes" qui resteront en Ossétie du Sud, selon le représentant permanent de la Russie auprès de l'Otan, Dmitri Rogozine ?
- Il s'agit des troupes russes déjà présentes avant le début des opérations, depuis 1992. Moscou considère que ces troupes déployées en Ossétie et en Abkhazie sont des troupes de maintien de la paix. L'ambiguïté vient du fait que ce ne sont pas des forces d'interposition comme les Casques bleus, mais des troupes qui ont participé aux opérations militaires. Ces troupes vont rester en Ossétie, cela ne fait guère de doute. Mais la question est maintenant de savoir ce que vont devenir les troupes additionnelles qui les ont rejointes depuis le début des hostilités.
Quel crédit accorder aux accusations de "nettoyage ethnique" proférées par Tbilissi à l'encontre des forces russes ?
- Il s'agit là encore d’un des enjeux de la guerre de communication, et de désinformation, entre Tbilissi et Moscou, à destination de leurs opinions publiques et de l’opinion internationale. C'est le Kremlin qui a commencé à parler de "génocide" pour qualifier l'offensive géorgienne en Ossétie. Tbilissi a répliqué en dénonçant un "nettoyage ethnique" de la part des Russes. Les deux capitales savent bien les mots à employer pour capter l'attention des journalistes occidentaux.
La vraie difficulté est de voir au-delà de ces déclarations. Pour le moment, il est impossible de faire un bilan précis du nombre de victimes de part et d’autre. En termes de droit international, le génocide recouvre une réalité très précise. Reste à savoir combien de personnes ont été tuées, combien de civils, et dans quelles conditions. Il est trop tôt pour le dire.
Interview de Thomas Gomart par Anne-Sophie Hojlo
(le mardi 19 août 2008)
- Que la réunion soit un message de fermeté adressé à Moscou, c'est une évidence. Cependant, il ne faut pas perdre de vue la guerre de communication à laquelle Tbilissi et Moscou se livrent depuis plusieurs jours : plus les Russes tardent à retirer leurs troupes, plus leur impopularité grandit auprès de l’opinion internationale. Parallèlement, plus ils maintiennent la pression militaire sur la Géorgie, plus ils font ressortir d'éventuelles dissensions au sein de l'Otan, et entre Américains et Européens. Ils montrent ainsi que la solution de la crise dépend uniquement de leur bon vouloir.
Sur le plan militaire, ce qui est en cause, c'est autant le comportement des troupes russes en elles-mêmes que celui des troupes auxiliaires ossètes et abkhazes. Ces dernières, volontairement moins contrôlées, présentent des risques de débordements.
Quid des "pacificateurs russes" qui resteront en Ossétie du Sud, selon le représentant permanent de la Russie auprès de l'Otan, Dmitri Rogozine ?
- Il s'agit des troupes russes déjà présentes avant le début des opérations, depuis 1992. Moscou considère que ces troupes déployées en Ossétie et en Abkhazie sont des troupes de maintien de la paix. L'ambiguïté vient du fait que ce ne sont pas des forces d'interposition comme les Casques bleus, mais des troupes qui ont participé aux opérations militaires. Ces troupes vont rester en Ossétie, cela ne fait guère de doute. Mais la question est maintenant de savoir ce que vont devenir les troupes additionnelles qui les ont rejointes depuis le début des hostilités.
Quel crédit accorder aux accusations de "nettoyage ethnique" proférées par Tbilissi à l'encontre des forces russes ?
- Il s'agit là encore d’un des enjeux de la guerre de communication, et de désinformation, entre Tbilissi et Moscou, à destination de leurs opinions publiques et de l’opinion internationale. C'est le Kremlin qui a commencé à parler de "génocide" pour qualifier l'offensive géorgienne en Ossétie. Tbilissi a répliqué en dénonçant un "nettoyage ethnique" de la part des Russes. Les deux capitales savent bien les mots à employer pour capter l'attention des journalistes occidentaux.
La vraie difficulté est de voir au-delà de ces déclarations. Pour le moment, il est impossible de faire un bilan précis du nombre de victimes de part et d’autre. En termes de droit international, le génocide recouvre une réalité très précise. Reste à savoir combien de personnes ont été tuées, combien de civils, et dans quelles conditions. Il est trop tôt pour le dire.
Interview de Thomas Gomart par Anne-Sophie Hojlo
(le mardi 19 août 2008)

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