
http://www.ouest-france.fr/Rumeurs-de-genocide-en-Ossetie-du-Sud-/re/actuDet/actu_3637-688016------_actu.html
lundi 18 août 2008

: AFP
« Pourquoi vous ne dites pas la vérité ? », s'exclame Zalina Tskhovrebova, une Ossète du Sud qui a perdu son frère et sa soeur dans les bombardements de sa capitale. « Pourquoi vous dites que la Russie a envahi la Géorgie, alors que c'est la Géorgie qui nous a attaqués ? Pourquoi vous ne parlez pas du génocide des Ossètes ? Si les Russes n'étaient pas venus nous sauver, vous parleriez aujourd'hui à des cadavres, les Géorgiens nous auraient tous exterminés ! »
Les journalistes occidentaux ne sont pas très bien vus à Tskhinvali, la capitale ossète. Depuis quelques jours, des visites y sont organisées pour la presse étrangère. Mais ils doivent avoir un visa ou une accréditation russe bien que, juridiquement, il s'agisse toujours du territoire géorgien. Les autorités sud-ossètes ne sont pas vraiment visibles et elles ne semblent rien décider.
L'attachée de presse du président autoproclamé, Edouard Kokoity, prête à emmener quelques journalistes dans des villages ossètes de la région, en sera empêchée par un homme envoyé spécialement de Moscou pour s'occuper des journalistes étrangers. Ceux-ci ne peuvent ni se déplacer seuls ni sortir d'une ville remplie de soldats et de chars russes. A fortiori s'ils veulent se rendre dans les villages géorgiens qui étaient enclavés au nord de Tskhinvali, en plein territoire ossète et où, selon les dires de Tbilissi, il y aurait eu un « nettoyage ethnique » de la population géorgienne.
De chaque côté, les accusations de « génocide » semblent peu crédibles. Selon le rapport d'Human Rights Watch, le chiffre de 2 000 victimes à Tskhinvali, avancé par les autorités russes, est « exagéré ». Si la ville n'a pas été rasée, comme il a été dit, par l'assaut géorgien, les dégâts sont importants : plusieurs bâtiments et maisons sont totalement détruits, beaucoup partiellement, la violence des combats se ressent encore à chaque coin de rue. Ça et là, des carcasses calcinées de chars russes ou géorgiens, des trous d'obus.
Trop de sang a coulé
À l'hôpital de la ville, lui aussi bombardé, la visite de la cave est marquante. C'est dans ce sous-sol crasseux, jonché de débris, de seringues et de pansements usagés, que les médecins ossètes opéraient sous les bombardements. Et l'odeur de sang et d'excréments est encore prenante, plusieurs jours après son évacuation. Mais la plupart des maisons tiennent encore debout et, petit à petit, ses habitants, réfugiés de l'autre côté du Caucase après le début du conflit, reviennent.
Pour l'instant on rencontre surtout des personnes âgées et des soldats. Leurs paroles laissent peu d'espoir de retour aux Géorgiens avec lesquels ils vivaient avant, malgré les tensions régulières, en bon voisinage. Le président Kokoity a d'ailleurs affirmé que l'Ossétie serait désormais peuplée à 100 % d'Ossètes. Et pour Zalina, il sera impossible aux Géorgiens de revenir en arrière, car « trop de sang a coulé ».
Emmanuel GUILLEMAIN D'ÉCHON
dans la capitale ossète.
No comments:
Post a Comment