2008-08-15

Les incertitudes du point 5 de l'accord préliminaire sur la Géorgie



http://fr.news.yahoo.com/ap/20080815/twl-ue-georgie-russie-accord-091cf94.html

AFP - il y a 50 minutes

BRUXELLES - A l'heure où les forces russes continuent de sillonner le territoire géorgien, bien au-delà des régions séparatistes contestées, on craint que le plan de sortie de crise concocté dans la précipitation n'offre en fait à Moscou les outils nécessaires pour poursuivre son action.


D'où la volonté de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice d'aller à Tbilissi pour y préciser les termes de l'accord, "porteuse d'un certain nombre de documents" qui permettront de consolider le cessez-le-feu, comme l'expliquait jeudi le président français Nicolas Sarkozy, négociateur de ce plan en six points en tant que président de l'Union européenne.

En cause, son point 5, expliqué par le président Sarkozy mardi à Moscou en ces termes: "dans l'attente d'un mécanisme international, les forces de paix russes (...) mettront en oeuvre des mesures additionnelles de sécurité (...) tant que la confiance ne sera pas revenue entre les protagonistes".

Les analystes craignent que cette formule sur les "mesures additionnelles de sécurité" -introduite selon des diplomates européens sur l'insistance de Moscou- ne permette de justifier des incursions comme celles de mercredi et jeudi à Gori, ainsi que dans d'autres villes géorgiennes où les forces russes affirment s'être déployées pour maintenir l'ordre et garantir que les arsenaux abandonnés par l'armée géorgienne en débandade ne tombent pas entre de mauvaises mains.

"Les Russes n'ont pas besoin de beaucoup de justifications pour faire plus où moins ce qu'ils veulent, ils ont montré qu'ils ont quartier libre ici de toutes manières, mais toute justification juridique susceptible d'aider sera toujours utilisée", estime James Nixey, directeur du programme Russie-Eurasie à Chatham House à Londres. "S'il y a des bouts de papier supplémentaires pour les aider là-bas, ils les prendront".

Quant au fameux "mécanisme international", qui viendrait fermer la porte des incertitudes du point, il prendra sans doute des semaines, même si l'UE promet d'aller vite. Et les Géorgiens craignent qu'entretemps les Russes ne tirent parti à fond du flou en question.

Salomé Samadachvili, ambassadrice de Géorgie auprès de l'UE, a expliqué que Tbilissi voulait une clarification urgente de la part des Russes et Français. "Cet accord ne peut devenir opérationnel tant que nous n'avons pas éclairci cette question, chaque question concernant la durée, la nature, la géographie", a-t-elle déclaré. "C'est une très bonne base pour le cessez-le-feu, mais il y a des questions qui nécessitent plus ample discussion".

Selon elle, le point 5 ne se réfère qu'aux forces de "maintien de la paix" russes basées en Ossétie du Sud et Abkhazie depuis les guerres séparatistes du début des années 90. Et donc, insiste-t-elle, la portée du point 5 se limite aux régions séparatistes et n'autorise pas les forces russes à opérer ailleurs sur le territoire géorgien.

Pour Robert Hunter, expert de la RAND Corporation et ancien ambassadeur américain auprès de l'OTAN, le texte en l'état "laisse aux Russes le contrôle total et il ratifierait la poursuite de leur engagement via la force militaire tant que tout ne sera pas réglé, mais il ne dit pas quand ces forces seront remplacées". AP

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