
NOUVELOBS.COM | 18.08.2008 | 12:41
> Des mouvements de troupes ont été signalés mais aucun retrait massif n'a été amorcé, alors que le président russe a promis qu'il retirerait lundi ses forces militaires de Géorgie.
> Selon Tbilissi, les troupes russes avanceraient même encore en Géorgie.
> Moscou aurait déployé plusieurs rampes de lancement de missiles en Ossétie du Sud.

Blindés russes en Ossétie du Sud (Reuters)
"Malheureusement, nous ne voyons pas de signes indiquant que les Russes commencent à se retirer ou à se préparer à se retirer de Géorgie", a déclaré le porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur, Chota Outiachvili.
Si des mouvements de troupes ont été signalés sur le terrain, aucun retrait massif des forces russes ne semble en effet avoir été amorcé.
Selon Tbilissi, les troupes russes avanceraient même encore en Géorgie. "Six véhicules blindés russes se dirigent de Khachouri vers Satchkere et six autres vers Borjomi", a encore déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur géorgien. Satchkhere est à environ cinquante kilomètres au nord de Khachouri (centre), tandis que Borjomi est à 25 kilomètres au sud-ouest de cette ville.
Des rampes de lancement de missiles russes en Ossétie
Par ailleurs, la capitale de la Géorgie, Tbilissi, se trouverait à la portée des tirs russes, Moscou ayant déployé plusieurs rampes de lancement de missiles tactiques SS-21 en Ossétie du Sud, a rapporté dimanche soir 17 août le quotidien américain The New York Times sur son site internet. Le journal, qui cite des responsables américains spécialistes des services de renseignement ayant requis l'anonymat, indique que les sites de lancement ont été localisés au nord de Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud.
Citant des responsables occidentaux, le New York Times indique par ailleurs que des troupes d'élite russes se déploieraient dans la région, ou se prépareraient à le faire.
Ces mouvements sont vus par le Pentagone comme une démonstration de force destinée à faire douter certains membres de l'OTAN de l'opportunité d'accepter la Géorgie au sein de l'alliance, et non comme un signe selon lequel la Russie envisagerait d'attaquer Tbilissi, selon le journal.
Mouvements de troupes russes
Si des camions militaires et d'aide humanitaire se croisaient dans les deux sens lundi matin sur la route entre la frontière russe et Tskhinvali, la capitale du territoire géorgien séparatiste d'Ossétie du Sud, les troupes russes ne semblaient cependant pas avoir lancé un retrait massif.
Une dizaine de camions du ministère russe des Situations d'urgence, présumés transporter l'aide humanitaire mais tous bâchés ou fermés, faisaient route vers l'Ossétie du sud, a constaté l'AFP.
Une vingtaine d'autres attendaient de passer la frontière dans cette région montagneuse du Caucase, ainsi que 7 camions militaires apparemment chargés de planches et d'autres matériaux.
Dans l'autre sens, en provenance de l'Ossétie du sud, plusieurs convois de camions. de l'armée faisaient route vers la Russie, bâchés et contenant apparemment du matériel militaire.
Mais le mouvement était nettement moins important que dans l'autre sens.
Une quarantaine de blindés russes étaient garés à la frontière, sans qu'il soit possible de savoir s'ils faisaient route dans un sens ou dans l'autre, ou s'ils étaient postés là pour sécuriser la frontière.
Selon l'agence officielle russe Ria Novosti, ces mouvements de troupes "confirment la mise en oeuvre" de la décision du président Dmitri Medvedev de faire revenir les unités de la 58e armée à leurs lieux de cantonnement d'avant le début du conflit.
La Russie contrôle toujours le principal accès à Gori
Par ailleurs, les soldats russes contrôlaient toujours lundi le principal accès à la ville géorgienne de Gori, selon un journaliste de l'AFP. Deux soldats russes au poste de contrôle distant de 2 km de Gori ont refusé à des journalistes d'accéder à la route menant à cette ville géorgienne proche de la république séparatiste d'Ossétie du Sud, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Tbilissi.
Un camion militaire et un véhicule blindé de transport de troupes russes étaient également visibles.
Un convoi de quatre véhicules du Comité international de la Croix Rouge (CICR) a en revanche été autorisé à passer le point de contrôle.
Le journaliste a également constaté une légère présence militaire russe sur la route de Gori, depuis l'intersection d'Igoïeti, à 40 km à l'ouest de Tbilissi, notamment une demi-douzaine de camions et véhicules de transport de troupes russes.
Pas encore de retrait massif
"Il n'y a pas de retrait pour le moment", a dit un soldat russe à l'AFP.
Selon un responsable de l'administration présidentielle russe accompagnant un groupe de journalistes, Alexandre Matchevski, le retrait des troupes que Moscou s'est engagé à commencer lundi "commencera demain (mardi) matin".
"Nous ne sommes pas entrés en un seul jour, et il faudra plusieurs jours pour que le retrait s'effectue", a-t-il ajouté.
Des dizaines de civils font également route vers l'Ossétie du sud dans des autocars et des minibus.
"Je suis de Tskhinvali (la capitale d'Ossétie du sud). Ma maison est détruite mais il faut bien y retourner", dit une femme ossète à l'AFP.
A Moscou, le Service fédéral des migrations a affirmé que 8.000 des 37.000 réfugiés d'Ossétie du sud avaient déjà regagné le territoire séparatiste géorgien.
Selon le HCR, le conflit aurait au total déplacé près de 159.000 personnes. (Avec AFP)
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