![]() http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=88344 | |||||||||
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| Les séparatistes pro-russes d'Abkhazie ont lancé le 9 août une opération militaire pour chasser les soldats géorgiens des gorges du Kodori. Ils ont ainsi ouvert un nouveau front face aux forces de Tbilissi, engagées dans une offensive contre l'Ossétie du Sud. Le mois dernier, la communauté internationale négociait encore une issue pacifique à la question abkhaze. | |||||||||
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Tout en saluant le plan de Berlin, le président géorgien Mikhail Saakachvili a tempéré : cette proposition "n'est pas définitive" et "certaines questions devront être précisées". L'establishment politique géorgien était en effet unanime dans l'analyse du contenu du plan de Frank-Walter Steinmeier. Pour la ministre des Affaires étrangères Eka Tkechelachvili, bien que la proposition allemande soit "intéressante", elle nécessite d'être "peaufinée". David Bakradzé, président du Parlement géorgien, semble incommodé par l'absence dans ce plan de référence claire à l'intégrité territoriale de la Géorgie, qui "doit être absolument garantie". Par ailleurs, "dès la première phase du plan, l'accent doit être mis sur le retour des réfugiés [géorgiens, expulsée d'Abkhazie à la suite d'un nettoyage ethnique durant la guerre de 1992-1993]. Le flou des perspectives du retour est inacceptables". Pourtant, ce retour de 300 000 déplacés a tout de suite été qualifié "d'irréaliste dans la situation actuelle" par le ministre des Affaires étrangères russe Serguéi Lavrov. Ce à quoi Mikhail Saakachvili avait répliqué vigoureusement que c'était là "une déclaration absolument éhontée et très inquiétante. Cette purge ethnique fut l'une des plus barbares et des plus oubliées de la fin du XXème siècle. Aucune capitale, à l'exception de Tbilissi, n'a le droit de se prononcer sur ce problème. [Refuser aux réfugiés de rentrer chez eux] est une décision inhumaine et barbare. Ils rentreront en Abkhazie. Nous y veillerons conjointement avec la communauté internationale". Côté abkhaze, la proposition allemande, présenté par M. Steinmeier en personne à Soukhoumi, la capitale abkhaze, le 18 juillet, a été rejetée. Le numéro un abkhaze Serguéi Bagapch, dans le quotidien de Tbilissi 24 Saati, précisait qu'il "n'envisageait pas d'étudier les plans élaborés par des pays occidentaux et comptait maintenir le cap sur l'indépendance". "Le retour des réfugiés conduirait à une nouvelle guerre", a-t-il aussi confié au journal moscovite Izvestia. Pour l'homme fort de Soukhoumi, "la présence des troupes géorgiennes dans les gorges de Kodori [la Haute-Abkhazie] est l'obstacle principal à la paix. Tant que le conflit n'est pas résolu, il est contreproductif d'insister sur le retour de réfugiés dans d'autres régions abkhazes que Gali [district d'environ 50 000 habitants, en majorité Géorgiens]". Pour Tbilissi, rebrousser chemin est pourtant impossible. "Nous avons deux solutions : résoudre le conflit par la voie diplomatique ou bien maintenir le statu quo", analyse le ministre de l'Intégration territoriale géorgien Temour Iakobachvili dans l'hebdomadaire géorgien Kviris Palitra. "Cette dernière solution n'est pas dans notre intérêt. La période des conflits gelés en Géorgie est terminée. Les Etats-Unis nous soutiennent comme jamais et de nombreux pays européens partagent notre vision". C'est probablement dans cet esprit d'activation de la diplomatie européenne que devant le Parlement européen "Bernard Kouchner s'est dit prêt à se rendre prochainement en Géorgie et en Abkhazie afin de détendre les tensions", rapporte 24 Saati. | |||||||||
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| Courrier international | |||||||||
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