2008-08-15

Le conflit en Géorgie, jour après jour



10.08.08 | 15h35 • Mis à jour le 14.08.08 | 20h10

http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41-0@2-3214,49-1082142@51-1036786,0.html

La situation sur le terrain. Les envoyés spéciaux de Reuters dans la région ont vu des troupes russes dans la ville de Gori, à 25 km au sud de l'Ossétie du Sud, et à la périphérie de Zougdidi, près de l'autre région séparatiste, l'Abkhazie. Des employés du port de Poti ont également signalé une incursion de l'armée russe. Lors d'une conférence de presse à Moscou, l'état-major russe a jugé légitime la présence de soldats russes "de maintien de la paix" à Poti et "d'unités de reconnaissance" à Gori, deux jours après l'annonce par le président Dmitri Medvedev de la fin des opérations militaires russes en Géorgie. Moscou a souligné que le plan de paix validé – mais non signé – mardi par la Russie et la Géorgie sous l'égide de la présidence française de l'Union européenne lui permettait de mettre en œuvre des "mesures additionnelles de sécurité", en attendant le déploiement d'observateurs internationaux. Après avoir démenti se trouver à Gori, l'armée russe a annoncé qu'elle allait se retirer prochainement de cette ville, située sur la route qui mène à Tbilissi. "Les forces russes resteront dans la région pour deux jours supplémentaires afin de (...) remettre le contrôle aux forces de sécurité géorgiennes, après quoi elles se retireront", a assuré le général Viatcheslav Borisov. A Poti, des témoins ont annoncé que des chars russes et des camions de transport de troupes se dirigeaient vers la zone portuaire.


Conformément à ce qu'annonçait George Bush la veille, des avions militaires américains ont commencé à acheminer de l'aide à la Géorgie. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé avoir le feu vert des autorités pour venir en aide à la population civile en Ossétie du Sud, mais souligné que la situation sur le terrain restait dangereuse. Le CICR estime que plusieurs dizaines de milliers de civils ont besoin d'assistance et de protection après une semaine de conflit pour le contrôle de l'Ossétie du Sud.

Rice attendue à Tbilissi. Le secrétaire à la défense américain, Robert Gates, a fait savoir que le Pentagone allait revoir l'ensemble de ses relations avec la Russie, tout en soulignant que Washington ne voulait pas d'un retour à la guerre froide. Nicolas Sarkozy, qui a reçu Condoleezza Rice au fort de Brégançon (Var), a annoncé que la secrétaire d'Etat américaine présenterait vendredi à la Géorgie des documents destinés à consolider le cessez-le-feu. "Si demain M. (le président géorgien Mikheïl) Saakachvili signe le document que nous avons négocié avec M. Medvedev, alors pourra s'amorcer le retrait des troupes russes", a expliqué le chef de l'Etat français et président en exercice de l'UE.

Au risque d'accentuer les tensions diplomatiques, le président russe a reçu dans la matinée au Kremlin les dirigeants des deux provinces séparatistes géorgiennes, en leur promettant le soutien de Moscou. La Russie s'est également accrochée avec l'Ukraine, allié de la Géorgie, sur les mouvements de ses navires de guerre en mer Noire : les autorités russes ont choisi d'ignorer un décret publié mercredi par Kiev, qui ordonne aux navires de guerre russes basés en Ukraine de demander l'autorisation aux autorités locales avant de faire mouvement. La flotte de la mer Noire ne reçoit ses ordres que du président russe, qui est le chef suprême des armées, a rétorqué jeudi l'état-major à Moscou.

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