mercredi 13 août 2008, mis à jour à 13:55
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Reuters
Au lendemain d'un cessez-le-feu négocié sous l'égide de l'Union européenne, les drapeaux étaient en berne mercredi en Russie et en Géorgie à la mémoire des victimes du conflit armé de six jours qui les a opposés pour le contrôle de la région séparatiste l'Ossétie du Sud.
Un calme relatif a régné dans la nuit de mardi à mercredi en Ossétie du sud et dans les régions voisines de Géorgie après l'accord de principe donné par les belligérants au plan de paix proposé au nom de l'UE par le président français Nicolas Sarkozy.
A Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis actuellement autour de leur homologue français Bernard Kouchner, ont exprimé un large soutien à l'envoi en Ossétie du Sud de soldats de la paix chargés de superviser le cessez-le-feu, dit-on de source diplomatique.
La Géorgie a accusé mercredi la Russie d'avoir envoyé une cinquantaine de chars à Gori, ville la plus proche de l'Ossétie du Sud mais Moscou a démenti dans la foulée.
Dans la ville natale de Staline, un témoin a dit n'avoir rien aperçu de tel mais, selon des témoins, les forces russes ont, en fait, établi deux postes de contrôle à l'entrée de Gori et occupé une base d'artillerie abandonnée par les Géorgiens à quatre ou cinq km du centre ville.
L'écrasante supériorité militaire de la Russie a humilié la Géorgie qui avait lancé jeudi dernier une opération pour reprendre le contrôle de sa région rebelle.
Le conflit a creusé un fossé entre, d'une part, des pays tels que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Pologne ou encore les pays baltes, qui ont dénoncé une "agression flagrante" de la Russie, et, d'autre part, la France, l'Italie et l'Allemagne, qui ont pris soin de ne pas critiquer Moscou, important partenaire commercial et fournisseur d'énergie.
Les Etats-Unis ont demandé la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Otan pour débattre de la Géorgie, a annoncé mercredi un porte-parole de l'Alliance atlantique.
DOULOUREUSES CONCESSIONSA Tskhinvali, capitale de l'Ossétie du Sud dévastée par les combats, et aux alentours, des tirs à l'arme légère retentissaient épisodiquement, mais aucun incident grave n'a été signalé.
Une porte-parole des autorités d'Ossétie du Sud a expliqué que la population profitait de l'accalmie pour donner une sépulture décente aux victimes du conflit enterrées à la hâte.
La Russie a avancé un bilan de 1.600 civils tués dans l'attaque de l'Ossétie du Sud par la Géorgie, mais ce chiffre n'a pu être vérifié de source indépendante. Dans les rangs de l'armée russe, ont déplore 74 morts, 171 blessés et 19 disparus, a annoncé l'état-major.
Tbilissi déplore pour sa part 175 morts et des centaines de blessés, sans compter les victimes en Ossétie du Sud.
Moscou a annoncé mercredi une aide d'urgence de 10 milliards de roubles (414 millions de dollars) pour la reconstruction en Ossétie du Sud.
Le plan de paix de l'UE fournira la base d'une résolution qui sera soumise au Conseil de sécurité de l'Onu.
Mais des observateurs soulignent que la Géorgie pourrait être amenée à faire de douloureuses concessions.
Le plan de paix garantit "la souveraineté et l'indépendance" de la Géorgie, mais n'évoque pas son "intégrité territoriale", rapportent des médias français, ce qui ouvre la porte à des discussions sur le statut futur de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.
Sergueï Bagapch, dirigeant de cette autre région séparatiste, a déclaré mercredi que ses forces avaient repoussé les forces géorgiennes de la partie supérieure de la vallée de Kodori, voie d'accès au territoire abkhaze.
Version française Nicole Dupont

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