2008-08-13

la Géorgie accuse les Russes de violer le cessez-le-feu

Publié le 13/08/2008 à 12:55 - Modifié le 13/08/2008 à 12:58 Le Point.fr



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Par Chloé Durand-Parenti (avec agence)

HEURE PAR HEURE : la Géorgie accuse les Russes de violer le cessez-le-feu

Le conflit entre la Géorgie et la Russie aurait fait des dizaines de milliers de déplacés © AFP / DIMITAR DILKOFF

Un conflit militaire multimodal entre la Russie et la Géorgie doublé d'une redoutable bataille médiatique. Les belligérants ont accepté mardi le plan de paix négocié par le président français Nicolas Sarkozy, qui prévoit le retrait de l'essentiel des forces russes et géorgiennes . Lepoint.fr vous propose de prendre connaissance des principales informations de ce mercredi 13 août.

Des dizaines de milliers de déplacés. Selon le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) à Genève, qui a compilé les chiffres fournis par les gouvernements géorgien et russe, au moins 100.000 personnes ont été déplacées à cause du conflit. Les autorités géorgiennes et les agences humanitaires de l'Onu ont de leur côté formellement enregistré environ 3.500 personnes. Huit camps ou centres d'accueil ont été mis sur pied pour les réfugiés selon le point de situation établi par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (OCHA), mais l'organisation internationale se prépare à venir en aide à au moins 30.000 personnes. Le Haut Commissariat de l'Onu pour les réfugiés doit rapidement recevoir suffisamment de couvertures, de bidons, de matériel de cuisine et de tentes.

À l'étranger, le conflit russo-géorgien continue de susciter de nombreuses réactions. Une grande majorité de pays de l'UE se sont dits favorables mercredi à l'idée de participer aux missions de maintien de la paix en Géorgie, à l'occasion d'une réunion de leurs chefs de la diplomatie à Bruxelles. Le ministre français Bernard Kouchner a évoqué la possibilité d'envoyer des "contrôleurs" européens sur place, en arrivant à cette réunion extraordinaire consacrée à la situation en Géorgie. L'Union européenne devra décider "s'il faut ou non, et comment aller de l'avant dans le partenariat" avec la Russie face à l'attitude "agressive" de Moscou en Géorgie, a déclaré de son côté le chef de la diplomatie britannique David Miliband.
Le retrait des forces géorgiennes a commencé mais pas de façon massive.
Les militaires géorgiens "ont entamé leur retrait vers Tbilissi, mais on n'a pas noté de retrait actif de ces troupes. Il y a une inquiétude concernant la concentration des troupes (géorgiennes) près de la zone de sécurité, entre la région séparatiste de l'Ossétie du Sud et le reste du territoire géorgien", a fait remarquer mercredi le chef adjoint de l'état-major des forces armées russes, le général Anatoli Nogovitsyne, qui s'exprimait devant la presse.

74 morts, 171 blessés et 19 disparus dans les rangs de l'armée russe. Ce bilan des victimes russes depuis le début du conflit avec la Géorgie a été livré lors du briefing quotidien du chef d'état-major adjoint. Dans le même temps, une journée de deuil national est observée mercredi en Russie.

Pour Chevardnadze, Saakachvili a eu tort d'intervenir. L'ancien président géorgien Edouard Chevardnadze (1995-2003) a estimé que l'opération militaire de son pays en Ossétie du Sud avait été une "grave erreur", dans une interview au quotidien allemand Bild . "La Géorgie n'aurait pas dû intervenir à Tskhinvali (la capitale de la région séparatiste d'Ossétie du Sud) de façon si mal préparée", estime celui qui fut aussi ministre des Affaires étrangères de l'Union soviétique entre 1985 et 1990.


Saakachvili accuse Moscou d'avoir violé le cessez-le-feu.
Le président géorgien assure que "les forces d'occupation russes continuent leurs mouvements à travers la Géorgie, malgré le cessez-le-feu". "Cinquante chars et blindés russes occupent la ville géorgienne de Gori", a également assuré le secrétaire du conseil de sécurité géorgien. Selon lui, ces chars seraient entrés dans la ville, proche de la république séparatiste d'Ossétie du Sud, à 9 h 05 locales (7 h 05 à Paris). Information aussitôt démentie par l'état-major des "forces de paix" russes. "Il n'y a pas de forces de paix russes ni d'unités affiliées dans la ville de Gori", a souligné un représentant de l'état-major des forces russes. Aucun échange de tirs ou bombardement n'est pour l'heure signalé sur le terrain.

Moscou veut rediscuter du statut des territoires séparatistes. "Le statut n'est pas cité" explicitement dans la version finale du texte proposé par la France, mais la discussion de la question de sécurité de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie "est impossible hors du contexte de leur statut", a précisé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. La modification du document, proposée à la demande de Tbilissi par le président Nicolas Sarkozy par téléphone au président russe Dmitri Medvedev, "a été acceptée, car elle ne change rien sur le fond", a précisé le ministre. Nicolas Sarkozy a expliqué dans la nuit à Tbilissi que le point six de l'accord, qui prévoyait "l'ouverture de négociations internationales sur le statut futur", évoquait désormais des discussions internationales sur "les modalités de sécurité et de stabilité".

Les renforts militaires russes en Géorgie posent des conditions à leur départ. "Après le retrait des troupes géorgiennes dans leurs casernes, (les forces russes) retourneront sur le territoire de la Fédération russe. Nos forces de maintien de la paix resteront en Ossétie du Sud", a fait savoir le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. La Russie dispose en effet depuis le début des années 1990 de forces de maintien de la paix en Ossétie du Sud, un territoire séparatiste pro-russe en Géorgie et coeur du conflit actuel entre Moscou et Tbilissi.

Géorgie, Russie et Otan. Le but de la Russie est "de détruire la démocratie géorgienne pour toujours, d'écarter la possibilité d'une entrée de la Géorgie dans l'Otan", a déclaré la ministre géorgienne des Affaires étrangères Eka Tkeshelashvili, dans un entretien mercredi au quotidien français Le Figaro . "La Géorgie a besoin d'aide" de la communauté internationale pour défendre son intégrité territoriale, a-t-elle ajouté. "Car si nous créons ce précédent et acceptons les conséquences d'une agression russe contre un territoire étranger, un tout nouvel ordre international émergera. Chaque pays pourra se sentir menacé. Notamment vous les Européens", a averti le chef de la diplomatie de Géorgie.

Les dirigeants de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud rejettent toutes les négociations avec la Géorgie. Avec les organisateurs d'un génocide on ne discute pas (...) seuls les juges d'un tribunal international peuvent parler avec eux", a lancé Edouard Kokoïty, le dirigeant de l'Ossétie du Sud, coeur du conflit actuel entre Russes et Géorgiens. "Il n'y aura plus aucune négociation avec la Géorgie", a renchéri le président abkhaze Sergueï Bagapch, "on ne mène pas de négociations avec les criminels d'État, on les juge."

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