2008-08-15

La diplomatie s'intensifie en Géorgie, où la trêve est fragile

Publié le 15/08/2008 à 10:08 Reuters


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La diplomatie s'intensifie en Géorgie, où la trêve est fragile

La diplomatie s'intensifie en Géorgie, où la trêve est fragile

Soldats russes près de la ville de Gori. L'armée russe restait déployée en territoire géorgien, vendredi à quelques heures de l'arrivée à Tbilissi de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice pour obtenir la signature par la Géorgie d'un accord de paix avec Moscou. /Photo prise le 14 août 2008/REUTERS/David Mdzinarishvili

L'armée russe restait déployée en territoire géorgien, vendredi à quelques heures de l'arrivée à Tbilissi de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice pour obtenir la signature par la Géorgie d'un accord de paix avec Moscou.

La chancelière allemande Angela Merkel devait rencontrer parallèlement le président russe Dmitri Medvedev dans sa résidence de Sotchi, sur les bords de la mer Noire, avec l'espoir de trouver une issue solide à la crise.

La Géorgie n'a pas apposé formellement sa signature sur le plan de paix négocié mardi par la France, présidente en exercice de l'Union européenne, et son président Mikhaïl Saakachvili a laissé planer le doute sur ses intentions.

Selon Nicolas Sarkozy, qui l'a rencontrée jeudi en marge de ses vacances dans le Var, Condoleezza Rice arrivera en Géorgie avec des propositions venant renforcer le plan de cessez-le-feu.

Saakachvili, dont le pays a déposé plainte contre la Russie devant la Cour internationale de justice (CIJ) jeudi pour violation des droits de l'homme, a prévenu qu'il regarderait "de près" les documents avant de signer quoi que ce soit.

GORI TOUJOURS BLOQUÉE

Vendredi matin, la principale entrée de la ville géorgienne de Gori, à 25 km au sud de la région séparatiste d'Ossétie du Sud, était toujours bloquée par des blindés russes, a constaté un journaliste de Reuters sur place.

Des soldats russes se reposant sous les arbres, près du barrage, ont déclaré que des pillards avaient sévi dans la ville pendant la nuit.

Les habitants imputent ces débordements à des miliciens sud-ossètes. Selon des organisations des droits de l'homme, ces miliciens ont attaqué des villages de la région peuplés de Géorgiens, abandonnés par les forces de Tbilissi et désormais tenus par les soldats russes. Saakachvili a accusé Moscou d'orchestrer une "politique délibérée de nettoyage ethnique".

Moscou a envoyé son armée après le déclenchement par l'armée géorgienne d'une offensive pour tenter de reprendre le contrôle de la région sécessionniste pro-russe d'Ossétie du Sud jeudi dernier. Medvedev a ordonné l'arrêt des opérations militaires mardi.

L'intervention russe dans l'ancienne république soviétique, alliée des Etats-Unis, a ravivé les tensions entre Moscou et Washington. Le secrétaire à la Défense Robert Gates a déclaré jeudi que la "posture agressive" du Kremlin risquerait d'"affecter négativement pour les années à venir" les relations entre les deux puissances.

L'INTÉGRITÉ TERRITORIALE EN JEU

La Russie justifie le maintien de sa présence militaire en Géorgie par l'un des points du plan de cessez-le-feu, qui permet à Moscou de mettre en oeuvre des "mesures additionnelles de sécurité" avant le déploiement d'observateurs internationaux.

Un autre point fait controverse, la question de l'intégrité territoriale de la Géorgie que les Etats-Unis comme l'Europe invitent la Russie à respecter.

"Nous pouvons oublier les discussions sur l'intégrité territoriale de la Géorgie parce qu'il est impossible de forcer l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie à accepter d'être réintégrées de force en Géorgie", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans une interview à la radio.

Mentionner la question de l'intégrité territoriale dans n'importe quel document de règlement du conflit serait donc vu par les populations des deux régions comme une "insulte".

La Russie a fait valoir que le Kosovo, province séparatiste serbe dont la sécession a été rapidement entérinée par les puissances occidentales au printemps, avait créé un précédent légal pour les régions séparatistes géorgiennes.

La porte-parole de la Maison blanche, Dana Perino, a répondu à Lavrov en soulignant que les frontières géorgiennes avaient été confirmées par de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité. "La question de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud fera l'objet de négociations internationales", a-t-elle dit.

"La résolution du statut du Kosovo est couverte par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui prévoit un processus international. Ce sont donc deux cas totalement différents."

Version française Jean-Stéphane Brosse

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