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Publié le 20/08/2008 à 08:07 - Modifié le 21/08/2008 à 07:49 Le Point.fr
C'est un conflit militaire multimodal doublé d'une redoutable bataille médiatique que se livrent la Russie et la Géorgie. Une lueur d'espoir, les deux belligérants ont signé samedi le plan de paix négocié par le président français Nicolas Sarkozy qui prévoit le retrait de l'essentiel des forces russes et géorgiennes. Mais son application tarde à venir. Lepoint.fr vous propose de prendre connaissance des principales informations du mercredi 20 août, treizième jour du conflit.
Retrait russe. Les États-Unis ont observé des signes d'un retrait de Géorgie des troupes russes, mais Moscou doit accélérer le pas, a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche.
Vers une reconnaissance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud par la Russie ? Le Parlement de la région séparatiste géorgienne d'Abkhazie a voté mercredi, à l'unanimité, en faveur de la demande de "reconnaissance de l'indépendance" de l'Abkhazie et du "maintien de la présence militaire" russe adressée à Moscou par le dirigeant abkhaze Sergueï Bagapch. "Je propose à la Fédération de Russie de reconnaître la République d'Abkhazie en tant qu'État souverain et indépendant et d'établir des relations diplomatiques entre l'Abkhazie et la Russie", a déclaré Sergueï Bagapch dans un texte lu en sa présence au Parlement. La chambre haute du Parlement russe se réunira lundi en session extraordinaire pour discuter de la reconnaissance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Le Conseil de la Fédération de Russie est "prêt à reconnaître" l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, a déclaré le président de cette chambre, Sergueï Mironov. Si une décision positive est prise par le Sénat après les discussions de lundi, la question sera transmise pour confirmation au président russe Dmitri Medvedev, a précisé la vice-présidente du Sénat Svetlana Orlova. "Cette question peut être résolue dans des délais assez brefs", a-t-elle dit.
Deux colonnes de blindés russes feraient mouvement vers la Russie. Selon un journaliste de l'AFP sur place, une première colonne de cinq blindés, suivis de quatre camions militaires russes, a quitté en fin d'après-midi la ville de Natsreti, à une cinquantaine de kilomètres de Tbilissi, en direction de Gori. "L'ennemi a subi une défaite. Conformément à l'ordre reçu, l'unité va se retirer jusqu'à Gori, Tskhinvali, Djava (en Ossétie du Sud), puis passera par le tunnel Rokski et rejoindra Vladikavkaz", a affirmé un officier devant une cinquantaine d'hommes qui sont ensuite montés à bord de leurs blindés et camions et ont pris la route vers Gori. Quelques minutes plus tard, dans la localité voisine de Chavchvebi, le journaliste de l'AFP a vu une deuxième colonne de cinq blindés et de cinq camions venant de la direction de Tbilissi, suivre le même itinéraire.
Le G7 prêt à soutenir l'économie géorgienne. "Nous, le G7, nous tenons prêts à soutenir la Géorgie afin de promouvoir la santé permanente de l'économie géorgienne, maintenir la confiance dans le système financier géorgien et soutenir la reconstruction économique", ont indiqué dans un communiqué les ministres des Finances du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon). "La Géorgie a des fondamentaux économiques solides, le résultat de réformes économiques et de politiques saines, et nous sommes engagés à l'aider à continuer sur cette voie."
64 soldats russes tués depuis le début du conflit. L'armée russe a donné mercredi un bilan définitif de 64 militaires russes tués et 323 blessés dans le conflit avec la Géorgie, soit 10 de moins que le précédent bilan officiel.
Situation humanitaire en progrès. La situation humanitaire s'améliore en Géorgie, mais les équipes humanitaires européennes n'ont toujours pas accès à la république séparatiste d'Ossétie du Sud, indique la Commission européenne. D'après des données fournies par sa porte-parole, 124.000 personnes sont réfugiées ou déplacées à la suite du conflit entre la Russie et la Géorgie. Des abris pour les personnes déplacées ont été acheminés par l'assistance suédoise, lettone et autrichienne. La France a aussi mis un avion à disposition. De son côté, la Croix-Rouge annonce que des convois d'aide sont en route pour l'Ossétie du Sud où ils devraient arriver en début d'après-midi. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov a donné son feu vert à la présence du Comité international de la Croix-Rouge dans ce territoire géorgien actuellement occupé par des troupes russes.
Mouvements de troupes géorgiennes. L'armée russe accuse la Géorgie de "redéployer" des forces militaires en direction de la région séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud. "La partie géorgienne continue de prendre des mesures de redéploiement et de rétablissement de la capacité de combat de ses forces (...) Au vu de tout cela, Tbilissi n'a pour le moment pas l'intention de renoncer à ses intentions agressives", indique le chef adjoint d'état-major de l'armée russe Anatoli Nogovitsyne lors d'une conférence de presse à Moscou.
Trafic militaire intense en Ossétie du Sud. Une longue colonne d'une vingtaine de blindés russes descend, mercredi à la mi-journée, lentement la route tortueuse menant du poste frontière de Zaramag à Tskhinvali, la capitale ossète dans le territoire indépendantiste d'Ossétie du Sud, tandis qu'une colonne d'une importance similaire fait brusquement son apparition, cette fois en direction de la Russie. Au lendemain de l'annonce des premiers départs de soldats russes de Géorgie, la circulation est donc beaucoup plus intense que les deux jours précédents sur cet axe stratégique traversant les montagnes du Caucase.
Retour des réfugiés. Le ministère russe des situations d'urgence annonce le retour dans la république géorgienne séparatiste d'Ossétie du Sud de plus de 15.000 réfugiés ossètes qui avaient fui leur région pour rejoindre la Russie, après le déclenchement des hostilités à Tbilissi le 7 août. Depuis la conclusion d'un cessez-le-feu le 12 août, 15.334 personnes sont déjà rentrées dans leur pays. Au total, 37.355 Ossètes avaient quitté leur région pendant le conflit pour une population totale estimée à 70.000 personnes. La Russie a fourni 4.000 tonnes d'aide humanitaire à l'Ossétie du Sud, dont plus de 1.800 tonnes de produits alimentaires, de l'eau potable, des médicaments, des équipements médicaux, des générateurs d'électricité et des tentes, ainsi que des matériaux de construction, toujours selon le ministère des situations d'urgence.
Centre de formation militaire français menacé. Un centre de formation militaire financé par la France à Satchkeré, au nord de la Géorgie, serait menacé par l'avancée des troupes russes, selon les autorités géorgiennes. "Nous sommes inquiets des mouvements des forces russes. Il y a là un centre de formation pour nos troupes de montagne mis en place avec l'aide de la France (...) Nous craignons qu'ils cherchent à le détruire comme d'autres infrastructures militaires en Géorgie", explique le porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur, Chota Outiachvili. L'ambassadeur de France à Tbilissi Éric Fournier a appelé pour sa part l'armée russe à ne pas pénétrer dans ces locaux. La Géorgie accuse les troupes russes de détruire systématiquement les bases militaires géorgiennes dont elles ont pris le contrôle et de les piller en emportant le matériel, notamment fourni par les États-Unis.
Soupçons d'espionnage. Les services secrets russes ont arrêté un officier de l'armée russe d'origine géorgienne soupçonné d'espionnage au profit de Tbilissi. "Le Service fédéral de sécurité de Russie (FSB, ex-KGB) a interpellé Mikhaïl Khatchidzé dans une ville de la région de Stavropol (sud)", déclare le service de presse du FSB cité par les agences. Pendant son service dans le Caucase du Nord en Russie, il "collectait des informations secrètes sur les forces armées russes, leur état de préparation au combat ainsi que des données sur ses collègues", poursuit le FSB.
Indépendance. Le territoire séparatiste géorgien d'Abkhazie doit lancer mercredi un appel à la Russie pour lui demander de reconnaître formellement son indépendance, indique le vice-président du Parlement abkhaze Viatcheslav Tsougba. Le Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe) est en tout cas prêt à franchir le pas et à "reconnaître l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud s'il y a une décision en ce sens du président de Russie" Dmitri Medvedev, selon son président Sergueï Mironov.
Rejet d'un projet de résolution français à l'Onu. La Russie a bloqué dans la nuit de lundi à mardi un projet de résolution déposé par la France au Conseil de sécurité de l'Onu, censé traduire en droit international l'accord de cessez-le-feu signé par les Russes et les Géorgiens. Motif invoqué par le Kremlin : le texte ne mentionne pas spécifiquement les six points acceptés par Tbilissi et Moscou. Le projet français présenté au nom des pays européens avec le soutien des États-Unis n'en souligne que deux à propos du repli des forces russes et géorgiennes sur leurs positions respectives avant le début du conflit le 7 août.
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