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Créé le 15/08/08 - Dernière mise à jour le 17/08/08 à 9h54 
Le commandant des forces russes sur la ligne de front a annoncé dimanche matin que ses troupes avaient commencé leur retrait de Géorgie comme le prévoit l’accord de sortie de crise, paraphé par les deux parties et comme le demandaient notamment les Etats-Unis. Un mouvement nié par la Géorgie et même démenti peu après par Moscou. Sur le terrain, la situation semble toujours aussi confuse après une journée de samedi marquée par l’avancée et l’instalation de forces russes sur le territoire géorgien.
Selon le général Viatchislav Borissov, le mouvement est lancé. Le commandant des forces russes sur la ligne de front a annoncé dimanche matin que ses troupes avaient commencé à se retirer de Géorgie. Une information niée par la Géorgie pour qui au contraire les Russes fortifient leurs positions et même démentie par le ministère russe de la Défense peu après. "Ça n'a pas encore commencé. La question du retrait est maintenant examinée et la décision sera prise quand la situation sera stabilisée", a dit un porte-parole du ministère sous couvert d'anonymat. Le chef de la diplomatie russe, Sergeï Lavrov, avait de toute façon prévenu que ce processus pourrait être long. "Cela ne dépend pas que de nous", avait-il déclaré. Reste également à voir si les annonces sont suivies d’effet sur le terrain où la situation semble toujours aussi confuse.
Les autorités géorgiennes ont accusé les soldats russes d’être toujours en place avec leurs chars et même de se redéployer pour mieux s’assurer le contrôle d’une partie du territoire que les deux pays se disputent. Samedi, Tbilissi a également affirmé que l'armée russe avait coupé sa principale ligne de chemin de fer est-ouest en faisant sauter un pont ferroviaire en plein jour, ce que l'état-major russe a nié. Des blindés et des chars russes bloquaient toujours aussi l'entrée principale de Gori, à 60 km de la capitale géorgienne, un noeud stratégique entre l'est et l'ouest de la Géorgie non loin de la province séparatiste d'Ossétie du Sud.
Pourtant sur le papier, le président russe Dmitri Medvedev s’est bien engagé samedi en faveur du plan de paix avec la Géorgie en signant l’accord déjà paraphé par la Géorgie. Reste que ce texte ne définit pas la zone dans laquelle les troupes russes seraient autorisées à patrouiller aux confins du territoire séparatiste d'Ossétie du Sud, a indiqué l'ambassadeur de France à Tbilissi, Eric Fournier. L’Elysée a confirmé samedi soir que les forces russes de maintien de la paix auraient le droit de patrouiller à "quelques kilomètres" hors d'Ossétie du Sud en territoire géorgien, mais ne devraient pas se rendre dans des "centres urbains significatifs" ou empêcher "la liberté de circulation".
Aux Etats-Unis, George Bush a estimé que le simple fait que les Russes et les Géorgiens aient signé le cessez-le-feu était un "progrès" et un "motif d'espoir". Mais "maintenant, il faut que la Russie honore l'accord et retire ses troupes", a ajouté le président américain. Pour la France, dans un entretien au Journal du Dimanche, Bernard Kouchner a estimé que le non-retrait des forces russes était "très inquiétant". "Mais il faut absolument que les pressions diplomatiques et politiques continuent. Nous nous y employons" a précisé le ministre des Affaires étrangères.
Le conflit russo-géorgien a été déclenché par une offensive de Tbilissi dans la nuit du 7 au 8 août contre les séparatistes pro-russes d'Ossétie du Sud. Les forces russes ont contre-attaqué, repoussant l'armée géorgienne pour finalement prendre position en Géorgie. L'armée russe a affirmé samedi avoir mis la main sur plus de cent blindés géorgiens, dont 65 chars et cinq véhicules armés de missiles sol-air, dans "la zone de conflit entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud". Les Géorgiens ont annoncé samedi que 182 personnes avaient été tuées en 9 jours de conflit. Les Russes de leur côté avancent 1.600 victimes civiles. Des chiffres très difficiles à vérifier.
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