2008-08-19

Géorgie - Medvedev : "Personne ne doit avoir d'illusions"



http://tf1.lci.fr/infos/monde/europe/0,,3958266,00-medvedev-personne-ne-doit-avoir-d-illusions-.html

Les chars ne partent pas et la guerre des mots continue. Le président russe Dmitri Medvedev s'est rendu lundi après-midi sur la base du bataillon envoyé en Géorgie, à Vladikavkaz, dans le sud de la Russie, tout près de la zone de conflit en Ossétie du Sud. Au cours de ce déplacement symbolique fort, il a félicité ses troupes pour leur bravoure et prévenu que le "crime" des "monstres" de Tbilissi ne pourrait "rester impunie" pour ses actes, alors que les forces russes étaient censées commencer le retrait de Géorgie depuis la mi-journée. Ce que Moscou a annoncé, mais ce que Tbilissi et Washington ont démenti. Selon Tbilissi, les Russes poursuivent même leur avancée. Et les journalistes sur place ne constataient aucun mouvement qui ressemble à un véritable retrait (lire notre article).

C'est dans ce contexte d'informations et contre-informations que Dmitri Medvedev a expliqué "suivre une ligne dure en ce qui concerne la sécurité de toute la région, le maintien de la paix et de la stabilité en Ossétie du Sud". "Nous ferons tout le nécessaire et personne ne doit avoir d'illusions" à ce sujet, a-t-il averti. Un peu plus tôt, le président russe avait déjà défendu l'intervention russe en Géorgie, prévenant que toute agression contre des citoyens russes entraînerait une "riposte foudroyante" de la part de Moscou. Signe de tension encore : la Russie et la Géorgie n'ont pas réussi lundi à se mettre d'accord pour échanger leurs prisonniers de guerre respectifs, selon Tbilissi.

Des missiles pointés vers Tbilissi ?

En attendant, la communauté internationale attendait toujours lundi soir des preuves du retrait russe. La Russie "viole gravement" l'accord de cessez-le-feu en ne retirant pas ses troupes de Géorgie et en détruisant l'infrastructure géorgienne, a accusé Tbilissi. Le chef de la diplomatie allemande a estimé lundi que la Russie avait "dépassé les limites" en Georgie. La Suède a décidé de geler ses relations militaires avec la Russie. Quant à la France, elle reste désormais prudente. Le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, a estimé que les troupes russes en Géorgie pourraient amorcer dans les prochaines heures leur retrait de Géorgie, tout en refusant de "menacer" Moscou. Il a dit espérer un signe clair de retrait.

Washington en revanche a haussé le ton. La Maison Blanche a sommé lundi la Russie de retirer ses forces armées "sans délai" de Géorgie et prévenu qu'elle examinerait les accusations de "nettoyage ethnique" proférées par les deux belligérants dans ce conflit au Caucase. Les Etats-Unis n'ont pas observé de retrait significatif des forces russes de Géorgie, a encore affirmé tard dans la soirée un responsable de défense américain. Un responsable du Pentagone, sous couvert d'anonymat, a par ailleurs accusé Moscou d'avoir déployé plusieurs rampes de lancement de missiles tactiques SS-21 en Ossétie du Sud, mettant la capitale géorgienne à portée de tirs, ce que la Russie a démenti. "Nous les voyons consolider leurs positions en Abkhazie et en Ossétie du sud", a affirmé ce responsable, en ajoutant constater la présence de "plus de troupes et plus d'équipement" dans ces enclaves séparatistes.

Moscou menace l'OTAN avant la réunion

Aux Nations unies, les consultations prévues au Conseil de Sécurité sur un projet révisé de résolution sur le statut de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, autre territoire séparatiste pro-russe, étaient en panne, selon un porte-parole de l'Onu. La France a appelé lundi "les membres du Conseil à adopter ce texte (sur la Géorgie) sans plus tarder".

D'autant que les Russes "ne sont pas enclins à accepter" l'envoi d'observateurs supplémentaires de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en Géorgie, a déclaré lundi Bernard Kouchner, après la réunion de l'OSCE à ce sujet à Vienne. L'OSCE n'a en effet pas trouvé d'accord sur l'envoi d'observateurs supplémentaires en Géorgie. La réunion pourrait reprendre mardi. Un texte avait été soumis aux 56 Etats membres, établissant le principe d'un déploiement de jusqu'à 100 observateurs supplémentaires. Mais Moscou a souhaité l'adoption d'un texte détaillé précisant notamment les pays d'origine de ces observateurs, leur lieu d'affectation, ainsi que leur mandat précis, selon des sources diplomatiques.

La présidence française de l'UE organisait en outre ce lundi à Paris une réunion sur la présence européenne envisagée en Géorgie, après l'accord des 27 pour l'envoi d'observateurs chargés de surveiller l'application du plan de paix. Au même moment, le représentant permanent de la Russie auprès de l'Otan a mis lundi l'Alliance atlantique en garde contre une réponse "déséquilibrée" au conflit en Géorgie, à la veille d'une rencontre extraordinaire de l'Otan mardi à Bruxelles. Au menu de cette réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Otan : la réaffirmation de leur soutien à la Géorgie et l'adoption d'une position commune quant aux relations avec la Russie...

Ukraine: la présidence accuse Timochenko de "haute trahison"

La présidence ukrainienne a accusé lundi le Premier ministre Ioulia Timochenko, qui entretient des relations tendues avec le chef de l'Etat Viktor Iouchtchenko, de "haute trahison" au profit de Moscou pour n'avoir notamment pas condamné l'intervention russe en Géorgie. "Les agissements du Premier ministre actuel portent des marques de haute trahison et de corruption politique", a affirmé dans un communiqué le chef adjoint de l'administration présidentielle Andri Kyslynsky. Mme Timochenko cherche à obtenir le soutien du Kremlin pour la prochaine présidentielle, attendue fin 2009 ou début 2010, et n'a pas condamné à dessein l'intervention militaire russe en Géorgie, contrairement au président Iouchtchenko, selon lui. Le président Iouchtchenko s'est clairement rangé du côté de Tbilissi, qui veut comme l'Ukraine intégrer l'Otan et l'UE, dans le conflit armé opposant la Russie et la Géorgie.

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