
Le commandant des forces russes sur la ligne de front a annoncé dimanche matin que ses troupes avaient commencé leur retrait de Géorgie comme le prévoit l’accord de sortie de crise, paraphé par les deux parties et comme le demandaient notamment les Etats-Unis. Un mouvement nié par la Géorgie et même démenti peu après par Moscou. Peu après, le président russe a assuré à Nicolas Sarkozy que ce retrait commencerait en fait lundi. Sur le terrain, la situation semble toujours aussi confuse. Dimanche, des chars russes patrouillaient toujours dans l'ouest de la Géorgie.
Selon le général Viatchislav Borissov, le mouvement est déjà lancé. Le commandant des forces russes sur la ligne de front a annoncé dimanche matin que ses troupes avaient commencé à se retirer de Géorgie. Une information niée par la Géorgie pour qui au contraire les Russes fortifient leurs positions et même démentie par le ministère russe de la Défense peu après. "Ça n'a pas encore commencé. La question du retrait est maintenant examinée et la décision sera prise quand la situation sera stabilisée", a dit un porte-parole du ministère sous couvert d'anonymat. Dimanche en milieu de journée, le président russe Dmitri Medvedev a finalement annoncé à Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne, que le retrait des troupes russes de Géorgie commencerait "demain lundi 18 août en milieu de journée". Reste à voir si les annonces seront suivies d’effet sur le terrain où la situation semble toujours aussi confuse.
Dimanche, des soldats russes occupaient toujours une base militaire géorgienne à Teklati, près de Senaki, dans l'ouest du pays, et des chars russes en sortaient pour patrouiller sur la route conduisant au port de Poti, sur la mer Noire. Les autorités géorgiennes ont accusé les soldats russes de se redéployer pour mieux s’assurer le contrôle d’une partie du territoire que les deux pays se disputent.
Pourtant sur le papier, le président russe Dmitri Medvedev s’est bien engagé samedi en faveur du plan de paix avec la Géorgie en signant l’accord déjà paraphé par la Géorgie. Reste que ce texte ne définit pas la zone dans laquelle les troupes russes seraient autorisées à patrouiller aux confins du territoire séparatiste d'Ossétie du Sud, a indiqué l'ambassadeur de France à Tbilissi, Eric Fournier. L’Elysée a confirmé samedi soir que les forces russes de maintien de la paix auraient le droit de patrouiller à "quelques kilomètres" hors d'Ossétie du Sud en territoire géorgien, mais ne devraient pas se rendre dans des "centres urbains significatifs" ou empêcher "la liberté de circulation".
Aux Etats-Unis, George Bush a estimé que le simple fait que les Russes et les Géorgiens aient signé le cessez-le-feu était un "progrès" et un "motif d'espoir". Mais "maintenant, il faut que la Russie honore l'accord et retire ses troupes", a ajouté le président américain. Pour la France, dans un entretien au Journal du Dimanche, Bernard Kouchner a estimé que le non-retrait des forces russes était "très inquiétant". "Mais il faut absolument que les pressions diplomatiques et politiques continuent. Nous nous y employons" a précisé le ministre des Affaires étrangères. Dimanche, Nicolas Sarkozy a aussi haussé le ton mettant "en garde le Président Medvedev contre les conséquences graves qu'une non-exécution rapide et complète de l'accord" de cessez-le-feu "aurait sur les relations de la Russie avec l'Union européenne".
Le conflit russo-géorgien a été déclenché par une offensive de Tbilissi dans la nuit du 7 au 8 août contre les séparatistes pro-russes d'Ossétie du Sud. Les forces russes ont contre-attaqué, repoussant l'armée géorgienne pour finalement prendre position en Géorgie. L'armée russe a affirmé samedi avoir mis la main sur plus de cent blindés géorgiens, dont 65 chars et cinq véhicules armés de missiles sol-air, dans "la zone de conflit entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud". Les Géorgiens ont annoncé samedi que 182 personnes avaient été tuées en 9 jours de conflit. Les Russes de leur côté avancent 1.600 victimes civiles. Des chiffres très difficiles à vérifier.
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