2008-08-25

Flou russe en Géorgie, agitation en Abkhazie

jeudi 21 août 2008


http://www.ouest-france.fr/Flou-russe-en-Georgie-agitation-en-Abkhazie-/re/actuDet/actu_3637-689841------_actu.html
Reuters
Les soldats russes ne paraissent pas pressés de quitter la Géorgie. : Reuters
Alors que l'armée russe, en Géorgie, se retire par-ci et se replace par-là, l'Abkhazie a demandé à Moscou de reconnaître son indépendance.

Le parlement abkhaze a demandé, hier, à la Russie de reconnaître son indépendance et de maintenir sa présence militaire. Le président du Conseil de la Fédération, le Sénat russe, s'est dit « prêt » à la reconnaître, ainsi que celle de l'Ossétie du Sud. Vendredi, Dmitri Medvedev, en recevant les présidents ossète et abkhaze au Kremlin, avait promis de soutenir « toute décision » des séparatistes.

Les troupes russes se retirent... ou pas. En Géorgie, l'armée russe a entamé piano son retrait, qui doit être effectif vendredi soir : plusieurs colonnes de blindés ont quitté le territoire central pour rentrer - officiellement - en Russie, via l'Ossétie du Sud. Mais l'armée russe accuse Tbilissi de préparer un redéploiement militaire dans la région séparatiste. Et, comme elle s'est autoproclamée force de maintien de la paix, elle a consolidé, à cet effet, une zone tampon, au centre du pays, que l'aviation géorgienne aura interdiction de survoler.

Dans l'Ouest, à Poti, sur la mer Noire, c'est aussi une armée russe estampillée « Forces de paix » qui a pris position, pour la première fois, à l'entrée de ce port stratégique, proche de l'Abkhazie. Elle y a interpellé vingt et un soldats géorgiens, qu'elle détient. Les services secrets russes ont également arrêté un officier russe d'origine géorgienne et neuf agents géorgiens, soupçonné d'espionnage ou de terrorisme.

Les Occidentaux font front après la déclaration commune de mardi, à Bruxelles, condamnant l'attitude russe. Washington a reconnu observer un début de retrait russe et pressé Moscou d'accélérer le pas. Auparavant, dans la journée, les diplomaties américaine, allemande et britannique avaient vivement exprimé leur mécontentement face à l'absence de retrait. George W. Bush a promis de soutenir « l'indépendance et l'intégrité territoriale » de l'ancienne république soviétique. Les ministres des Finances du G7 - le G8 sans la Russie - ont réaffirmé leur soutien économique. La Russie, pour sa part, a décidé de geler toute collaboration militaire avec l'Otan.

Le Parquet russe, qui a maintenu ses accusations de génocide à l'encontre de Tbilissi, recense maintenant 133 victimes au total en Ossétie du Sud. Moins que Dmitri Medvedev, qui parlait de « milliers ». L'Ossétie du Sud, de son côté, dénombre 1 500 morts. Si l'aide humanitaire s'améliore en Géorgie, les équipes européennes n'avaient toujours pas, hier soir, accès à l'Ossétie du Sud. D'après l'Union européenne, 124 000 personnes ont été déplacées.

La forêt de Borjomi brûle toujours : près de 280 hectares de ce parc naturel ont déjà été détruits. Pour Tbilissi, c'est un bombardement russe qui est à l'origine des flammes.

Pierrick YVON.

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