Conflit en Géorgie heure par heure : retrouvez les événements du dimanche du 17 août
Par Marc Vignaud (avec agence)

Les retrait des troupes russes doit maintenant se vérifier sur le terrain pour permettre à la solution diplomatique de rechercher un mécanisme de garantie d'une paix durable @ AFP PHOTO / RIA NOVOSTI / KREMLIN POOL / MIKHAIL KLIMENYEV
Avertissement français. Le président Nicolas Sarkozy a prévenu dimanche son homologue russe Dmitri Medvedev, lors d'un entretien téléphonique, des "conséquences graves qu'une non-exécution rapide et complète de l'accord aurait sur les relations de la Russie avec l'Union européenne", indique l'Elysée. Nicolas Sarkozy, président en exercice de l'Union européenne (UE), précise que "la signature de l'accord de cessez-le-feu en six points signé par toutes les parties concernées, en dernier lieu par le président de la Fédération de Russie, doit se traduire par un retrait sans délai de toutes les forces militaires russes entrées en Géorgie depuis le 7 août".
"Si cette clause de l'accord de cessez-le-feu n'était pas appliquée rapidement et totalement, je serais amené à convoquer un Conseil européen extraordinaire pour décider des conséquences à en tirer", prévient le président français dans une tribune à paraître lundi dans Le Figaro .
OTAN. La déclaration peut paraître provocante. Angela Merkel, la chancelière allemande lâche un pavé dans la mare vers 15 heures, heure de Paris. La Géorgie "sera membre de l'Otan, si elle le veut, et c'est ce qu'elle veut", a-t-elle assuré lors de son déplacement à Tbilissi. La dernière fois que la chancelière s'était entretenue avec Mikheïl Saakachvili, elle n'avait pas paru très enthousiaste face à cette perspective. Elle craignait sans doute de mécontenter son partenaire russe. Ce n'est apparemment plus le cas.
Le retrait russe commencerait lundi. Le retrait des forces russes de Géorgie "commencera lundi en milieu de journée", répond le président russe Dmitri Medvedev à Nicolas sarkozy, au cours de sa conversation téléphonique avec le président en exercice de l'Union européenne (voir plus haut). Le retrait en question concerne les troupes venues en renfort aux forces de maintien de le paix russes. Ces dernières n'ont pas vocation à quitter la Géorgie, précise toutefois le Kremlin. Les deux chefs d'Etat se sont par ailleurs "accordés sur le déploiement dans les meilleurs délais d'observateurs internationaux de l'OSCE".
Réputation russe "en lambeaux". La réputation de la Russie "est en lambeaux" après l'envoi de ses forces en Géorgie et elle devra payer les conséquences de ses actions, assène pour sa part la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice. "Toute notion que la Russie est un Etat responsable, prêt à intégrer les institutions internationales, politiques, diplomatiques et économiques, que la Russie est un pays différent (...), cette réputation est en lambeaux", assure-t-elle sur la chaîne de télévision américaine conservatrice Fox. Selon la secrétaire d'Etat, il s'agit déjà d'une conséquence significative des actions de la Russie en Géorgie : "faire usage de force disproportionnée et être ensuite le bienvenu dans les cercles des institutions internationales, cela ne se passera pas comme ça", avertit la secrétaire d'Etat américaine.
Poutine tire les ficelles. Le Premier ministre russe et ancien président Vladimir Poutine a "la haute main" sur le pouvoir en Russie, estime le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, qui avait espéré une relation plus équilibrée avec le président Dmitri Medvedev. "Les mesures qu'il (NDLR, Poutine) a prises dans la transition de président à Premier ministre ces dernières semaines, et maintenant en Géorgie, prouvent en tout cas selon moi que Poutine est à la barre plus que n'importe qui d'autre", a-t-il souligné.
Pas de "force de paix" russe. La Géorgie ne reconnaît aucune "force de paix" russe, prévient le président géorgien Mikheïl Saakachvili devant la presse en milieu d'après-midi, heure de Paris, à l'issue d'entretiens avec la chancelière allemande Angela Merkel à Tbilissi. Il répond ainsi aux propos du président russe Medvedev qui avait précisé plus tôt que les forces de maintien de la paix russe n'étaient pas concernées (voir ci-dessous) par le retrait qui doit intervenir lundi. "On ne peut plus parler en Géorgie de forces de la paix russes. Il ne peut y avoir des forces de paix russes, ce sont des forces russes", insiste le président géorgien. Selon lui, ces dernières, qui comptent "jusqu'à 2.000 chars", ont pour mission de "détruire les infrastructures économiques" du pays.
Observateurs de l'OSCE en renfort. La Finlande, qui préside actuellement l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a annoncé la réunion lundi après-midi à Vienne des membres de l'OSCE pour décider de l'envoi de 100 observateurs supplémentaires en Géorgie.
Parc naturel en feu. Le célèbre parc naturel géorgien de Borjomi, touché depuis vendredi par des incendies que Tbilissi a accusé l'armée russe d'allumer délibérément, continue à brûler dimanche, annoncent les autorités géorgiennes. Le feu a touché au total quelque deux cents hectares de forêts dans les gorges de Borjomi, s'est alarmé le porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur Chota Outiachvili.
Angela Merkel à Tbilissi . La chancelière allemande Angela Merkel est arrivée dimanche à Tbilissi vers 12 heures 30. Elle doit s'entretenir avec le président géorgien Mikheïl Saakachvili. Elle a été accueillie à la descente d'avion par la ministre géorgienne des Affaires étrangères Eka Tkechelachvili. La chancelière allemande a fermement défendu l'intégrité territoriale de la Géorgie face au président russe, Dmitri Medvedev vendredi à Sotchi (sud de la Russie). Elle avait alors jugé "disproportionnée" la réaction russe à l'offensive militaire géorgienne lancée le 8 août en Ossétie du Sud.
Autodétermination ? Les habitants de l'Ossétie du sud doivent "avoir un mot à dire" sur le statut futur du territoire séparatiste géorgien, affirme le secrétaire général de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), en mission dans le Caucase. "J'ai dit (à la partie russe et ossète) que les Ossètes du sud auraient un mot à dire sur leur avenir", et qu'il fallait "prendre en compte les réalités géographiques et historiques", a détaillé Marc Perrin de Brichambaut par téléphone depuis Vladikavkaz (Ossétie du Nord, sud de la Russie). Le responsable de l'OSCE se trouvait dimanche sur place, pour s'entretenir avec les responsables des parties russe et ossète d'une force de paix tripartite (avec les Géorgiens) qui, avant le conflit entamé le 8 août, était chargée de garantir la sécurité en Ossétie du Sud sous l'égide de l'OSCE.
Corridors humanitaires. Censés être mis en place très tôt après le début du conflit, les corridors humanitaires son restés à l'état de projet. Benoît XVI demande dimanche leur "ouverture sans délai" entre l'Ossétie du Sud et la Géorgie, à l'issue de la prière de l'Angélus à Castel Gandolfo, résidence estivale des papes dans les environs de Rome.
Retrait russe en question. Les Russes affirment dimanche avoir entamé un retrait graduel de Géorgie et sont aussitôt contredits par Tbilissi, alors que la fragilité du cessez-le-feu inquiète l'Occident et que la chancelière allemande Angela Merkel est attendue dans la capitale géorgienne.
Accompagnant des journalistes à l'intérieur de cette ville occupée par les troupes russes depuis lundi, le général Borissov indique que "tout se passe en accord avec le plan" d'arrêt des hostilités signé par le président russe Dmitri Medvedev et son homologue géorgien, Mikheïl Saakachvili. Des soldats russes ont établi dimanche des postes de contrôle avec des blindés en quatre points sur la route reliant Gori au village de Igoïeti après s'être brièvement retirés de cette localité distante de 30 km de Tbilissi, a constaté un journaliste de l'AFP. Une cinquantaine de blindés russes ont aussi pris position, faisant face à Gori, sur environ un kilomètre à l'entrée de la ville. "Nous sommes ici pour protéger la population et pour faire cesser les pillages", a justifié un soldat russe.
Au terme de l'accord de cessez-le-feu, les forces russes de maintien de la paix doivent reprendre leurs positions en Ossétie du Sud et auront le droit de patrouiller sur quelques kilomètres en territoire géorgien jusqu'à la mise en place d'un mécanisme international.
Interrogé sur la lenteur du retrait des troupes russes de Géorgie, Bernard Kouchner répond : "C'est très inquiétant. Le cessez-le-feu est fragile, comme tous les cessez-le-feu (...) Mais il faut absolument que les pressions diplomatiques et politiques continuent. Nous nous y employons".
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