
F.G. | 17.08.2008, 07h00
2.
Quelles sont les forces en présence ?
Avant le conflit, l’armée géorgienne disposait d’environ 32 000 hommes, 5 avions de chasse et une centaine de blindés. De son côté Moscou peut mobiliser jusqu’à un million de soldats, plus de 1 500 avions et 20 000 blindés. Une disproportion qui explique la déroute des troupes géorgiennes. Les combats ont été extrêmement brefs et à sens unique.
Les Russes sont entrés presque sans résistance à Gori et à Poti (le port géorgien sur la mer Noire). Ils ont mis la main sur l’essentiel de l’armement géorgien. Et aujourd’hui personne ne sait exactement quand ils comptent quitter le pays.
3.
Nicolas Sarkozy a-t-il été trop naïf ?
Fidèle à son image, le chef de l’Etat français, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, a réagi très vite. Interrompant ses vacances, il s’est rendu à Moscou puis à Tbilissi pour faire approuver par les belligérants un accord de paix en six points. Persuadé qu’il n’y avait pas d’autre solution pour faire cesser les combats, il a pris de court les diplomates européens et la lourde machine bruxelloise. En position de force les Russes ont cependant dicté leurs conditions. L’accord prévoit certes que les troupes de Moscou doivent se retirer « sur les lignes antérieures au déclenchement des hostilités », mais il ajoute que dans « l’attente d’un mécanisme international, les forces de paix russes mettront en oeuvre des mesures additionnelles de sécurité ». Une formulation floue dont Moscou se sert aujourd’hui pour justifier la poursuite des opérations sur le terrain.
Dans une lettre à son homologue géorgien Mikhaïl Saakachvili ,Nicolas Sarkozy précise que les troupes russes peuvent patrouiller en Géorgie, mais seulement sur quelques kilomètres depuis la frontière avec l’Ossétie du Sud et sans se rendre dans les centres urbains significatifs.
4. Assiste-t-on au retour de la guerre froide ?
Pour échapper à l’emprise de son puissant voisin russe, la Géorgie s’est résolument tournée vers les Etats-Unis ces dernières années. La Maison-Blanche a soutenu Saakachvili et a même tenté de faire adhérer la Géorgie (et l’Ukraine) à l’Otan. Le coup de force de Poutine a surpris et irrité George W. Bush qui a cependant exclu toute intervention militaire directe. Toile de fond de cette lutte d’influence russo-américaine : le Caucase et ses importantes réserves énergétiques (gaz et pétrole). Mais aussi la volonté de Moscou, sous la houlette du duo Poutine-Medvedev, de revenir en force sur la scène internationale après une période d’affaiblissement dans les années 1990.
5. Quel est le premier bilan humanitaire du conflit ?
Selon le HCR (Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés) prés de 120 000 personnes ont dû quitter leurs habitations : 45 000 ont fui la province séparatiste d’Ossétie du Sud et près de 73 000 Géorgiens ont été jetés sur les routes à l’intérieur même de leur pays. Trois avions-cargos, transportant plus de 100 tonnes de matériel, sont arrivés en Géorgie. La situation humanitaire à Gori est « absolument dramatique », a de son côté affirmé l’ambassadeur de France en Géorgie, hier, précisant que l’aide ne parvenait qu’au « compte-gouttes » aux habitants.
Le Parisien
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