2008-08-16

Caucase : vives tensions entre Washington et Moscou

Frédéric Gerschel | 16.08.2008, 07h00

Hier soir, les troupes russes étaient toujours stationnées en Géorgie et en Ossétie. Si le plan de paix concocté par la France a été signé par le président géorgien Saakachvili, il reste à convaincre les Russes de quitter le pays.

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CONDOLEEZZA RICE ne sera pas venue à Tbilissi (Géorgie) pour rien. Avant de regagner Washington, la secrétaire d’Etat américaine a obtenu hier la signature de l’accord de paix par le président géorgien. Une façon de mettre clairement la pression sur la partie russe, qui a certes approuvé le texte élaboré par Nicolas Sarkozy au nom de l’Union européenne mais n’a toujours pas retiré ses soldats de Géorgie et d’Ossétie.

« Après la signature de cet accord, toutes les forces russes et les troupes paramilitaires et irrégulières qui sont entrées avec elles en Géorgie doivent partir immédiatement », a lancé Condoleezza Rice en guise d’avertissement, reprochant à Medvedev et Poutine de ne pas respecter leur parole. Toute la journée d’hier, les blindés russes ont continué d’occuper les alentours de Gori. Un convoi militaire s’est même approché de la capitale, s’arrêtant à une quarantaine de kilomètres de Tbilissi .

Les experts occidentaux soupçonnent les Russes de démanteler l’arsenal géorgien avant d’entamer leur retrait. Alliés de la Géorgie, les Etats-Unis ne cachent plus leur agacement devant l’obstination de Moscou. « La brutalité et l’intimidation ne sont pas une manière acceptable de mener la politique étrangère au XXI e siècle », a prévenu George W. Bush. Fâchés, les Américains ont annulé plusieurs exercices militaires prévus avec les Russes. « Dans les jours et les semaines qui viennent, le département de la Défense va réexaminer toute la gamme de nos activités conjointes et nous procéderons à des changements si besoin est », avait annoncé dès jeudi le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates. Depuis la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide, c’est sans aucun doute la crise la plus grave entre les deux pays.

Comme pour calmer le jeu, le président russe, Dmitri Medvedev, que l’on dit plus modéré que Vladimir Poutine, a juré hier que la Russie ne souhaitait pas « de détérioration des relations » avec les Occidentaux. Tout en encourageant les dirigeants d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie (les deux enclaves sécessionnistes prorusses) à réclamer leur indépendance vis-à-vis de la Géorgie.

En fin de journée, Nicolas Sarkozy s’est entretenu avec Dmitri Medvedev qui lui « a confirmé qu’il allait également signer l’accord et que la Russie respecterait scrupuleusement ses engagements au titre de cet accord, notamment concernant le retrait des forces russes ».

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